Agritest 84 : Une rampe de lancement pour les projets agricoles

Publié le 11 décembre 2019

L’équipe du comité technique d'Agritest Vaucluse.

À l’heure où l’agriculture doit parfois se réinventer, un groupe de partenaires unit ses forces, depuis 2014, pour accompagner les porteurs de projets agricoles. Au bout de cinq ans, ils se sont retrouvés pour faire le point sur ce dispositif, appelé Agritest 84.

Dans l’économie secondaire ou tertiaire, on appelle cela des ‘pépinières’. Mais dans le monde agricole, cela s’appelle des ‘espaces tests’. L’esprit est toutefois le même : permettre à de nouveaux entrepreneurs de confronter leurs projets aux réalités du marché, comme à celles de la vie quotidienne. Si ce n’est qu’il suffit souvent d’un bureau et d’une connexion internet pour tester un projet d’entreprise, alors qu’il faut des terres pour un projet agricole. Aujourd’hui, il en existe 50 en France, regroupés dans le Réseau national des espaces tests agricoles (Reneta).

En 2014, un collectif de partenaires s’est rassemblé pour créer un espace test agricole dans le Vaucluse : la Chambre d’agriculture, le Campus Louis Giraud, la couveuse d’entreprise CréA, et l’ADEAR de Vaucluse. En 2018, la coopérative Mosagri est venu rejoindre ce comité technique de partenaires. L’objectif : créer un véritable dispositif de test pour les projets agricoles, comprenant aussi bien une structure juridique qu’un accompagnement technique, mais aussi des terres mises à disposition pour mettre concrètement à l’essai ces projets.

Pour autant, l’accès à ce dispositif d’expérimentation est limité par certains critères : il ne peut s’agir que de projet d’installation dans le Vaucluse ; les porteurs de projets doivent avoir soit une formation, soit une expérience dans le domaine agricole ; ils doivent être en capacité de financer leurs investissements. En résumé : hurluberlus s’abstenir !

Cinq créations nettes d’exploitation.

En termes concret, Agristest 84, c’est une structure porteuse de l’identité juridique du porteur de projet (CréA ou Mosagri), un accompagnement technique assuré par la Chambre d’agriculture ou AgriBio 84, et un accompagnement du projet économique assuré par le CFPPA du Campus Louis Giraud, l’ADEAR de Vaucluse et la Chambre d’agriculture. Les ‘espaces test’ sont mis à disposition, dans le cadre de convention de gré à gré, par des agriculteurs ou des particuliers.

Au terme de cinq ans d’activité, le bilan est parlant : neuf porteurs de projets sont sortis du dispositif, cinq ont créé leur exploitation, quatre sont en réorientation. Sept porteurs de projets sont encore en test, et quatre candidats souhaitent entrer dans le dispositif en 2020.

Si, aujourd’hui, le projet est porté grâce à l’intérêt accordé par les neuf prêteurs de parcelles, il pourrait peut-être prendre une toute autre tournure du fait de l’implication possible de l’EPCI du Grand Avignon. La structure a en effet entamé une réflexion de fond, comme beaucoup de structures intercommunales, dans le cadre de son Projet alimentaire territorial (PAT). Une nouvelle preuve, en tout cas, que l’agriculture est l’affaire de tous, et doit mobiliser l’attention et l’énergie commune.

Pierre Nicolas, CLP


OPA - Serv. publicsEspace test agriculture couveuse entreprise