2e concours des bières d'Avignon : une 3e édition déjà dans les tiroirs

Publié le 14 février 2022

La 2e édition du concours des bières d'Avignon s'est déroulée samedi 5 février dernier, à l'IUT d'Avignon. (© FP)

Dans la lumière éblouissante de la brasserie de l’IUT d’Avignon, le président, José Gonzalvez, ne laisse planer aucun doute : ce second concours dédié aux bières artisanales de France et d’ailleurs, est une belle réussite. La présence de 47 brasseries et 196 échantillons, le signe d’un engouement certain pour la bière artisanale qui s’invite avec bonheur dans la capitale des Côtes du Rhône.

Le pari aura été relevé haut la main ! Pour cette 2e édition, l'organisation n'aura pas, comme la première, été de tout repos, comme le confirme le président de ce concours des bières, également président du concours des vins d'Avignon. "Ça n'a pas été évident, car il a fallu remplacer des dégustateurs touchés par le Covid." Heureusement, un homme averti en vaut deux, et José Gonzalvez avait prévu large. "Nous avons donc 47 dégustateurs, dont un Italien et un Belge, répartis en 13 jurys présidés par des brasseurs." Il fallait au moins cela pour taster les 196 échantillons, contre 121 l’an dernier (+62 %). Mieux ! Ces derniers avaient suivi une formation, de quoi encore plus professionnaliser ce concours qui vise à se pérenniser.

Résultats, chaque jury a dégusté entre 14 et 16 échantillons. Il faut dire que le concours a su faire son bonhomme de chemin en un an à peine : "L’an dernier, il y avait 27 brasseurs. Cette année, il y en a 47" résume avec fierté José Gonzalvez. Toutes les régions de France étaient d'ailleurs représentées et aussi la Belgique. "Depuis l’an dernier, les brasseurs distingués qui ont eu des médailles ont pu mesurer l’impact positif du concours et cela a incité de nouveaux brasseurs à nous rejoindre. Les résultats dépassent mes espérances."

Le palmarès 2022 a récompensé les brasseurs artisanaux avec 113 médailles (contre 56 l’an dernier), dont 40 en or, 43 en argent et 30 en bronze. Le Vaucluse empoche 31 médailles, dont 12 en or, 9 en argent et 10 en bronze. Déjà, José Gonzalvez, enthousiaste, prépare la prochaine édition : "Diego Pompele, sommelier en bières italien de la province de Pavie, est venu spécialement pour participer à notre concours. J’aimerais qu’il revienne l’an prochain avec des dégustateurs italiens pour notre troisième édition". À voir leur pouce levé en signe d’approbation, c’est en bonne voie !

700 verres à gérer

Entre le monde du vin et celui de la brasserie, les ponts existent. Mais les différences aussi ! "Je suis émerveillé de voir que dans le monde de la biérologie, tout est libre, tandis que dans celui vin, tout est réglementé ! À partir du moment où vous avez les quatre composants suivants : l’eau, le houblon, le malt (de bière ou de blé) et les levures, c’est donc de la bière. Après, chacun rajoute ses ingrédients, ses arômes, ses secrets de recettes, et fabrique sa bière selon ses goûts. En revanche, pour organiser le concours, c’est plus compliqué."

En effet, les jurys – composés de trois ou quatre dégustateurs – doivent se pencher sur une quinzaine d'échantillons et, pour chaque échantillon et chaque dégustateur, il y a un verre… "Ce qui fait un total de 700 verres pour notre concours !" En amont, il a donc fallu identifier les 196 échantillons et tous les verres, comme la bouteille, avec le numéro du jury, de la série et l'ordre de dégustation. "Un vrai casse-tête. Mais quand c’est bien fait, tout se déroule facilement."

Le 5 février dernier, c'était l'effervescence dans la grande brasserie de l’IUT : les membres du jury – fascinés par les centaines de verres dont le liquide doré ou plus sombre fait l’objet de toutes leurs attentions – procèdent à l’examen minutieux des couleurs, arômes et textures. Tel Bertrand Boislève, sommelier-dégustateur : "Pour moi, ce premier concours était délicat. C'est ma première dégustation de bières. C'est un peu atypique et cela me changeait des concours de vin. Mais j’ai pris mes repères par rapport aux grands principes de la dégustation du vin. On a tendance à boire une bière au lieu de la déguster. J’ai donc appris à aller chercher les arômes, l’équilibre que l’on va trouver en bouche, juger de l’effervescence et aussi du crémeux. Tout cela en fonction des types de bières, j’ai dégusté des blondes Ale, des bières fortes à 8° et des bières aromatisées au miel. C’est enrichissant comme expérience, notamment dans les échanges avec les autres dégustateurs".

 

Francis Pabst, CLP


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