20e forum à l'installation : un sujet toujours au cœur des priorités

Publié le 06 décembre 2021

Les partenaires des Jeunes agriculteurs ont une nouvelle fois répondu présents pour cette 20e édition du forum à l’installation. (© ML)

Mardi 23 novembre, les partenaires des Jeunes agriculteurs de Vaucluse se réunissaient au lycée professionnel agricole La Ricarde, à l’Isle-sur-la-Sorgue, pour une nouvelle édition du forum à l’installation. Retour sur une précieuse occasion pour les jeunes de rencontrer les organismes professionnels mobilisés dans l’établissement de leurs futures exploitations.

Dans le Vaucluse, pour trois départs à la retraite, seuls deux agriculteurs s’installent. La pente est descendante et la problématique, de longue date. Pas de surprise ou d’effet de nouveauté dans cette annonce, mais le sujet n’en est pas moins prioritaire. Ainsi, les Jeunes agriculteurs (JA) du Vaucluse ont-ils organisé leur 20e édition du forum de l’installation mardi dernier, le 23 novembre, au lycée professionnel agricole de La Ricarde, à l’Isle-sur-la-Sorgue. "Ce forum est un moment important de rencontre entre les étudiants et les organismes professionnels agricoles. Aujourd’hui, nous comptons deux installations pour trois départs à la retraite. La Dotation jeune agriculteur (DJA) est donc plus qu’importante, et doit pouvoir se reposer sur des politiques fortes qui rendent notre milieu attractif et accessible à nos jeunes", explique d’entrée Florian Morel, administrateur des JA représentant Bruno Bouche, président.

Les jeunes ont répondu présents grâce notamment aux visites mises en place par leurs établissements, bien que leur nombre n’ait pas été mirobolant. Lydie Carlier, nouvelle principale du LPA La Ricarde, reste cependant satisfaite : "Accueillir ce type d’événements fait partie de nos missions d’animation du territoire et a toujours un intérêt pédagogique". En fervente défenseuse du milieu agricole, elle rappelle également l’engagement de son lycée dans la mutation de l’agriculture dans le sens large, et espère mener à bien les quelques projets d’envergure qui s’y profilent. À destination de jeunes encore scolarisés, de personnes en reconversion ou encore de cédants qui souhaiteraient être mis en relation avec d’éventuels repreneurs, l’essentiel réside, en ce froid mardi d’automne, dans les différentes prises de paroles des élus et partenaires : l’installation n’est pas si simple et doit être facilitée.

"Démystifier l’accès au monde agricole"

L’objectif de ce forum est toujours le même : faire que les partenaires principaux des agriculteurs dans leur installation se trouvent au même endroit, le même jour. "Les porteurs de projets ont des besoins", rappelle Georgia Lambertin, présidente de la Chambre d’agriculture du Vaucluse. Besoin d’informations, de formations, de trouver des terres, d’accompagnement, de suivi dans les démarches comme dans l’obtention de labels de qualités… "L’installation et la transmission sont les priorités des Chambres d’agriculture. Mais l’accompagnement ne peut être efficace que si nous, partenaires, travaillons tous ensemble", poursuit-elle.

Jérôme Lhoste, responsable des 'Partenariats agricoles' au Crédit Agricole Alpes Provence, confirme : "Il y a un véritable travail synergique entre tous les acteurs du monde agricole, qui permet d’aller vers l’agriculture de demain et les jeunes qui s’installent. En tant que partenaire historique, nous nous devons d’être au rendez-vous pour que l’installation de tous nos jeunes soit sécurisée". Il profite de l’événement pour préciser l’engagement du Crédit Agricole : "Nous avons structuré un réseau spécialisé avec cinq centres d’affaires agricoles et des référents 'Jeunes agriculteurs', afin d’être acteurs et promoteurs. Être ici aujourd’hui aux côtés des JA de Vaucluse est une évidence : ils sont très participatifs et dynamiques. Ce lien facilite le fait qu’il n’y ait jamais un grain de sable dans le processus d’installation". Un partenariat qui va donc aujourd’hui bien au-delà de l’aspect financier, et s’inscrit directement dans l’avenir de l’agriculture.

"Sujet ô combien important que celui du renouvellement des générations", martèle Christophe Charransol, président de la fédération départementale de Groupama Méditerranée, pour qui l’installation se joue sur tous les tableaux et ne se cantonne pas à la transmission familiale. Chacun des partenaires détaille ensuite son action pour les jeunes agriculteurs : la Safer en première ligne sur le foncier, la question des labels avec 'Bienvenue à la ferme', la protection de tous les acteurs du milieu pour la MSA ou encore les divers établissements de l’enseignement agricole… Tous ces partenaires ont un point commun : ils s'inscrivent dans la même optique de mobilisation des moyens, afin d’agir communément dans l’intérêt des jeunes.

La modernité oui, mais des moyens d’abord

Le Département multiplie quant à lui les dispositifs d’accompagnement : 'Graines d’avenir' tout d'abord, afin d’encourager les candidats à l’installation et consolider la situation des jeunes agriculteurs durant leurs premières années d’activité ; le Fonds pour l’aménagement foncier et rural ensuite, avec un "coup de pouce supplémentaire en direction des jeunes, et une prise en charge de 60 % du coût hors taxe des travaux de remise en culture de friches" ; ou encore les divers appuis aux circuits courts et à l’irrigation. "Les jeunes auront toujours le soutien du Département. Nous aussi avons besoin d’eux pour assurer l’avenir de nos terres et la sécurité alimentaire", rappelle Christian Mounier, vice-président du Département en charge de l’agriculture, de l’eau et de l’alimentation. À l’approche du Sitevi et de la 3e édition de Med’Agri1 l’année prochaine, il rappelle une nouvelle fois à quel point l’innovation est présente partout dans les exploitations de ces nouvelles générations, notamment dans leur capacité "à piloter leurs systèmes d’irrigation avec leur smartphone".

Les Jeunes agriculteurs, eux, aimeraient avant tout des moyens, pour espérer un jour parvenir à cette image pour le moment "utopique". "L’exploitation familiale dans le Vaucluse n’est pas un mythe. Aujourd’hui, l’irrigation pilotée avec un téléphone est encore rare, il faudrait déjà avoir accès au foncier", rappelle le syndicat. Augmentation de la DJA, portages et accompagnements multiples restent à ce jour le cœur de la mobilisation et représentent ensemble le premier pas pour sécuriser la démarche.

Manon Lallemand


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