France 29/11/2023
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FNSEA - Jeunes agriculteurs

Passer du conjoncturel au structurel

En ouverture du Sitevi, mardi, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont posé leurs voix conjointement, par souci de se faire entendre. Avant l'arrivée du ministre prévue mercredi soir, les représentants syndicaux disaient d'ores et déjà "Non" aux promesses annuelles jamais suivies.

Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, et Arnaud Gaillot, président des Jeunes agriculteurs, étaient accompagnés des présidente et président des sections locales de l'Hérault, pour faire un point de situation à l'ouverture du Sitevi.

© Crédit photo : ML

Alors que l'agriculture vit une succession de situations particulièrement difficiles, Jérôme Despey, vice-président de la FDSEA de l'Hérault, énumère les dispositifs mis en place dernièrement : distillation de crise, dégrèvement sur la taxe sur le foncier non bâti (TFNB), aides sociales d'urgence... Certains sont obtenus, d'autres sont en négociation ou en cours de mise en place, mais une chose est certaine : "Le moment est charnière. C'est maintenant que nous passons du conjoncturel au structurel", affirme celui qui est également premier vice-président du syndicat au niveau national.

Il note l'urgence, ou plutôt les urgences qui ont tant été mises sur le tapis ces dernières semaines.

"Sans confiance, on n'avancera jamais"

"Déjà, il nous faut un outil, celui qui nous permettra de faire de l'arrachage pour éviter les friches, avec une restructuration à six-huit ans. J'imagine que vous avez tous vu passer les chiffres de l'OIV [Organisation internationale de la vigne et du vin, ndlr]. Nous avons atteint la plus petite récolte au niveau mondial depuis 60 ans. Avec l'arrachage temporaire, nous avons là une possibilité de tendre vers le rééquilibrage du marché", commence le vice-président. Il l'affirme : au niveau européen également, l'arrachage temporaire intéresse. De plus en plus de pays "nous rejoignent pour l'émergence d'un dispositif structurant". Mais en ayant la certitude de ne pas voir le dispositif émerger avant 2024, il est formel : "Il faut une aide pour la trésorerie". La demande d'une année blanche a été formulée au ministre.

Ne reste plus qu'à attendre la confirmation. Mais il faudra que les réponses soient rapides. Face à une progression normative et une réglementation qui marche sur la tête, comme ce fut le slogan des dernières actions syndicales de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs, "il faut souligner le niveau de maîtrise et de dignité dont les viticulteurs ont témoigné lors de la manifestation de Narbonne, samedi dernier. Cette prise de conscience de leurs responsabilités ne doit pas faire oublier que ce n'est pas parce que tout s'est globalement bien passé qu'il n'y a pas de problèmes", insiste Arnaud Rousseau, président de la FNSEA.

"Il faut que cette action trouve des réponses rapidement auprès des pouvoirs publics", poursuit-il.

Mais où est donc la pause normative ?

Alors qu'en mai le président de la République, Emmanuel Macron, évoquait sa volonté d'aller vers une "pause normative" en matière de réglementations environnementales européennes, les agriculteurs peinent à trouver l'accalmie : début de la consultation des parties prenantes sur la nouvelle stratégie Ecophyto 2030, "alors qu'on ne s'est même pas demandé pourquoi Ecophyto 1 et 2 n'ont pas fonctionné par le passé" ; annonce, lundi, de la troisième stratégie nationale biodiversité par la Première ministre, Élisabeth Borne, le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, et la secrétaire d'État chargée de la Biodiversité, Sarah El Haïry, "à laquelle nous avons été conviés le vendredi soir pour le lendemain", tempête le président du premier syndicat agricole français. Une impression de ne pas être entendus, ni associés, transpire des paroles des agriculteurs à la table.

"On ne peut pas venir faire de belles promesses une fois par an et finalement ne rien mettre en œuvre derrière"

"Nous avons déjà dit que nous sommes prêts à nous mettre en route sur les alternatives, mais sans confiance, on n'avancera jamais", poursuit-il. À sa gauche, Arnaud Gaillot, président des Jeunes agriculteurs, confirme : lui ne digère pas le travail effectué dans les concertations pour le Pacte et la Loi d'orientation et d'avenir agricoles, dont les synthèses sont parues depuis juillet, mais pour lesquelles rien n'avance véritablement depuis. "Il y a un manque de vision qui n'est pas tenable", tonne-t-il.

Aux 'Terres de Jim', il a entendu le président de la République affirmer la priorité de remplacer les agriculteurs sur le départ à la retraite. Aujourd'hui, il se demande bien comment avancer en ce sens. "On répond à des problématiques par des lois, au lieu de nous donner des outils". En ce mardi matin, c'est la colère qui s'exprime dans un calme désabusé. Arnaud Gaillot, comme bon nombre d'agriculteurs, ne cache pas sa déception.

L'attente d'un ministre sur la mise en route des solutions

C'est la venue du ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, au Sitevi qui était donc définitivement scrutée à la loupe. "Nous rappellerons au ministre les deux priorités : la trésorerie et l'arrachage temporaire", affirmait Jérôme Despey.

Mercredi en fin de journée, le locataire de la rue de Varenne tenait effectivement une réunion à la préfecture, "avec les organisations professionnelles viticoles qui font face à une crise conjoncturelle, accentuée par le contexte d'inflation liée à la guerre en Ukraine, qui relève encore plus les défis structurels auxquels ils doivent répondre", annonçait son agenda, avant de se rendre sur le salon le lendemain matin, et d'inaugurer ensuite le siège de l'IGP Pays d'Oc, à Lattes.

"On répond à des problématiques par des lois au lieu de nous donner des outils"

Ce qu'il dira sera notamment bien retenu pour la suite. Déjà parce qu'une nouvelle réunion est prévue le jeudi soir, cette fois à Paris, "à laquelle nous espérons entendre des réponses pour les viticulteurs", note le président de la FNSEA, mais aussi aux agriculteurs de manière générale.

"Nous nous donnons rendez-vous au Salon de l'agriculture dans trois mois. On ne peut pas venir faire de belles promesses une fois par an, et finalement ne rien mettre en œuvre derrière", rappelle Arnaud Rousseau, qui espère voir plusieurs sujets résolument sur les rails d'ici là. 

Manon Lallemand •

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