Vols : Se mobiliser pour sécuriser les exploitations agricoles

Publié le 07 octobre 2017

Bernard Mille, président de la FDSEA84, Frédéric Penne, domaine Moun Pataï, Mireille Besnardeau, présidente du syndicat viticole de Sainte-Cécile-les-vignes, François Pouizin, viticulteur et trésorier du SEA de Ste Cécile, le colonel, Salvador Munoz,

Avec la recrudescence des vols sur les exploitations agricoles, des actes de vandalismes et la multiplication des conflits de voisinage, Bernard Mille, président de la FDSEA de Vaucluse, a reçu sur le terrain le colonel Salvador Munoz, commandant du groupement de gendarmerie de Vaucluse, afin de faire un point sur les dispositifs mis en place et leurs évolutions afin d’en améliorer l’efficacité sur le département.

Jeudi 14 septembre, c’est sur une exploitation viticole de Sainte-Cécile-les-vignes que le colonel Salvador Munoz, commandant du groupement de gendarmerie de Vaucluse, a répondu favorablement à l’invitation de Bernard Mille, président de la FDSEA de Vaucluse. Après une première année de fonction au poste de commandement, cette rencontre de courtoisie était également l’occasion de faire un point sur les dispositifs mis en œuvre sur le département, pour protéger les productions et sécuriser les activités agricoles.

Accompagné d’une petite délégation de producteurs, du président et du directeur de la cave Cecilia, le président de la FDSEA84, Bernard Mille, a évoqué trois sujets particulièrement sensibles pour de trop nombreux agriculteurs du département : les vols de productions et de matériels agricoles, les actes de vandalisme sur les parcelles et bâtiments agricoles, mais aussi celui des conflits de voisinage vis-à-vis des pratiques agricoles.

Il n’y a pas une semaine sans un signalement de vols de récoltes, de matériels, de véhicules, allant du rapinage de quelques kilos de produits à des vols organisés de plusieurs tonnes ou de centaines d’arbres. Face à l’imagination des voleurs et l’ampleur du territoire à surveiller, les agriculteurs sont démunis et exaspérés. La FDSEA de Vaucluse se mobilise depuis longtemps, notamment en participant à la mise en place du protocole signé entre la Chambre d’agriculture et la gendarmerie de Vaucluse. Ce protocole consiste à identifier les périodes et zones à risques, afin que la gendarmerie puisse mener des opérations ciblées, mais aussi à informer les agriculteurs sur les procédures et moyens pour limiter les vols. Pour Bernard Mille, l’amélioration du dispositif est indispensable dans un contexte sécuritaire national compliqué pour les forces de l’ordre : « Les gendarmes ne peuvent pas être présents dans chacune de nos fermes, cela nous le comprenons. Les alertes vols diffusées par la gendarmerie de Vaucluse sont une très bonne chose et la FDSEA va tout mettre en œuvre pour informer directement les agriculteurs, afin que la vigilance de tous permette de se protéger mutuellement. Seule la réactivité permettra d’agir efficacement et nous comptons sur une plus grande sévérité des tribunaux, lorsque les coupables de vols sont arrêtés, à l’instar du récent jugement sur le vol de truffes ».

Des pistes à étudier.

Le colonel Salavdor Munoz, conscient de la gravité du problème, confirme l’intérêt de cette collaboration étroite entre le monde agricole et les différentes compagnies de gendarmerie du département : « La proximité de nos gendarmes et la connaissance du terrain des agriculteurs sont des atouts importants, pour lutter efficacement contre les vols. L’exaspération des agriculteurs ne doit pas les amener à commettre des imprudences ou à se faire justice ».

Parmi les pistes proposées par la FDSEA : la remise au goût du jour des gardes-messiers, chargés de surveiller les récoltes, « mais qui ne pourra se faire sans un encadrement juridique adapté », comme le signale le colonel en rappelant l’exemple en milieu urbain du dispositif “ participation citoyenne ”.

Autre sujet d’inquiétude, les actes de vandalisme, tels que la lacération de tunnels plastiques, la destruction de plantations ou de cultures, que ce soit par vengeance, militantisme ou bêtise humaine, ne sont pas rares sur le territoire départemental. Là aussi le partenariat entre profession agricole et gendarmerie, et la vigilance de tous, seront les seuls garants d’une bonne protection des biens.

Faciliter la cohabitation.

Par contre, le sujet des conflits de voisinage, pour lequel l’action des gendarmes est encore plus compliquée, a tendance à prendre de l’ampleur, dans un territoire rural mité par des habitations occupées par des néo-ruraux, dont les préoccupations sont toutes autres que celles des agriculteurs. La cohabitation devient difficile, lorsque les résidents non-agriculteurs oublient que ce territoire est avant un lieu de production et l’agriculture une activité économique. Les motifs invoqués à l’encontre des agriculteurs sont nombreux et pour la plus grande majorité des cas sans fondements. Le bruit, la poussière, l’horaire trop matinal ou trop tardif, l’utilisation des produits phytosanitaires, sont des prétextes pour venir empêcher les agriculteurs de travailler normalement leurs parcelles. C’est pour cela que la FDSEA se bat contre tous les projets d’arrêtés qui, sous le principe de précaution, visent à restreindre les droits des agriculteurs à produire comme ce fut le cas sur le projet de zones non traitées ou les arrêtés de non brûlage des déchets verts agricoles. La communication et la médiation sont les deux pistes que souhaite développer la FDSEA, afin de désamorcer les conflits dès le départ et éviter des situations qui pourraient fortement se dégrader et là nécessité l’intervention des gendarmes.

Jean-Louis Blasco, FDSEA84

En cas de litiges de voisinage, vous pouvez contacter la FDSEA de Vaucluse, tél. : 04 90 84 01 01, pour vous conseiller et vous accompagner dans vos démarches.


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