Viticulture : Mieux protéger son vignoble, une soirée pour faire le point

Publié le 02 août 2018

L’aéroconvecteur utilisé lors de la soirée démonstration le 17 juillet dernier, à La Tour d’Aigues.

Le beau temps était de la partie mardi 17 juillet pour la soirée technique ‘vigne’ dans le sud Luberon, organisée par la Chambre d’agriculture de Vaucluse en partenariat avec les caves coopératives du sud Luberon. Plus de 60 vignerons et techniciens se sont retrouvés à la Tour d’Aigues pour suivre les interventions et démonstrations techniques sur le thème ‘Mieux protéger son vignoble’.

« L’idée d’organiser une telle soirée est née lors d’échanges avec les techniciens des caves coopératives du sud Luberon. Nous nous sommes rendu compte, lors de nos réunions phytosanitaires en saison, que certains problèmes sanitaires rencontrés pouvaient être imputés à une mauvaise qualité de pulvérisation. Ce constat est d’autant plus important cette année où la pression sanitaire liée aux conditions météorologiques du printemps est élevée », explique Claire Fersing, conseillère viticole à la Chambre d’agriculture de Vaucluse. Une soirée technique a donc été organisée par la Chambre, dans le cadre du réseau de Fermes Dephy Écophyto ‘raisin de table’, qui travaille sur la réduction des intrants phytopharmaceutiques. L’organisation de l’événement a été faite en partenariat avec les caves coopératives du sud Luberon, dans le cadre de leur démarche Agriconfiance. Cette soirée a bénéficié du soutien financier du Crédit Agricole de la Tour d’Aigues.

La soirée a débuté par l’observation de la pulvérisation de fluorescéine, un marqueur fluorescent, dans une parcelle de vigne avec deux pulvérisateurs différents : un pulvérisateur pneumatique 2 mains – 2 cannons, avec bras de retour passé tous les 3 rangs, avec et sans activation du bras de retour ; et un aéroconvecteur, passé tous les 2 rangs. Elle s’est poursuivie par deux interventions en salle sur le thème ‘Mieux protéger son vignoble’.

Les prospections flavescence débuteront mi-août.

Sylvain Bernard, de la Fredon, a fait le point sur la flavescence dorée. Il a rappelé les enjeux et les techniques de lutte contre cette maladie qui englobent les traitements, mais également la surveillance du vecteur, par comptage larvaire et piégeages et les prospections. Cette intervention a été l’occasion de rappeler les symptômes de cette maladie qui commencent à être observables à partir de maintenant, l’organisation des prospections dans le sud Luberon et la vallée du Calavon débutant mi-août.

Renaud Cavalier – responsable du service ‘Agroéquipement - Nouvelles technologies’ à la Chambre d’Agriculture du Gard – a ensuite pris le relai et présenté les modalités d’optimisation de la pulvérisation pour une meilleure efficacité. La qualité de pulvérisation dépend de plusieurs paramètres essentiels : le nombre de rangs traités, la qualité des gouttelettes (taille et nombre), les conditions météorologiques d’application et le réglage du pulvérisateur. Renaud Cavalier a également fait un point technique sur le fonctionnement des pulvérisateurs, qu’ils soient pneumatiques, à jet porté ou à jet projeté.

La seconde partie de soirée a permis, de nuit, d’illustrer ses propos, par une révélation à la lumière noire de l’efficacité de pulvérisation. Cette soirée a également été l’occasion de moment d’échanges conviviaux autour d’une paella, en attendant la nuit pour la démonstration à la lumière noire.

Nombre de rangs traités : la preuve par les faits.

À la nuit tombée les participants ont pu se rendre sur la parcelle afin d’observer la qualité de pulvérisation. L’activation du révélateur fluorescent sous les projecteurs de lumière noire a permis de mettre en évidence les impacts de produits sur les feuilles. Sans surprise, la répartition des gouttelettes sur le feuillage était plus homogène sur les faces des rangs où les appareils étaient passés, quel que soit l’appareil utilisé. L’observation des impacts sur les rangs voisins montre une répartition de gouttelettes devenant plus éparse en s’éloignant du rang traité et une face opposée au traitement recevant moins de produits (pour l’aéroconvecteur et le pneumatique sans bras de retour).

En conclusion, un passage un rang sur deux est conseillé. Avec un appareil équipé de main de retour, passer un rang sur trois donne de bons résultats. Avec un aéroconvecteur, il est conseillé de passer un rang sur deux et d’alterner les rangs de passage afin d’assurer une bonne protection de toute la parcelle.

Contact : Claire Fersing, conseillère viticole à la Chambre d’agriculture de Vaucluse, tél. : 04 90 09 84 44, claire.fersing@vaucluse.chambagri.fr


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