Viticulture : Les Côtes du Rhône passent au vert !

Publié le 11 février 2019

Le plan intègre aussi la promotion des bonnes pratiques environnementales auprès des vignerons et la poursuite des travaux d’obtention de cépages résistants aux maladies de la vigne.

Le Syndicat des Côtes du Rhône lance un Plan stratégique environnemental ambitieux. Près de 40 000 hectares de vignes, et plus de 4000 viticulteurs, sont invités à accélérer la transition écologique.

Aujourd’hui, seules quatre exploitations vauclusiennes sont sous label Haute valeur environnementale (HVE), et seulement une vingtaine sur les six départements des Côtes du Rhône. Voilà donc une première pour le vignoble français, qui a l’ambition de faire passer 40 000 ha de vignes en appellation sous le label ! Philippe Pellaton, président du syndicat des vignerons des Côtes du Rhône, a ce rêve, et, sous son impulsion, le 23 janvier dernier, le syndicat a adopté, en assemblée générale, un ambitieux ‘Plan stratégique environnemental’ pour les AOC Côtes du Rhône et Côtes du Rhône Villages.

Ce plan prévoit de déployer la certification HVE de façon collective, pour toutes les exploitations volontaires. Il devance ainsi la loi Égalim : celle-ci impose à toutes les exploitations sous signe de qualité d’être certifiées dans une démarche environnementale, d’ici 2030.

La voie collective permet une mutualisation des coûts et une moindre contrainte administrative pour les viticulteurs, et devrait entraîner davantage d’exploitations dans la démarche que des initiatives individuelles.

Désherbage chimique quasi-interdit

« Le Syndicat prend en compte les évolutions climatiques et les attentes sociétales concernant la protection de l’environnement, pour engager le vignoble des Côtes du Rhône dans une viticulture durable, mais aussi pour lui permettre de retrouver un rendement agronomique proche de celui des cahiers des charges. La convention de partenariat, signée avec l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée en 2014, témoigne de son engagement effectif en faveur de la protection de la ressource en eau. Mais, malgré tous les efforts déjà réalisés par les vignerons ces dernières années, il faut aller encore plus loin et occuper une place de leaders » annonce Philippe Pellaton.

Pour cette raison, ce plan prévoit également des mesures obligatoires, destinées à préserver la qualité des eaux et des sols. Des mesures agro-environnementales seront en effet introduites dans les cahiers des charges de production, pour limiter drastiquement le désherbage chimique. Le désherbage chimique des tournières, et de plus de 50% de la surface de la parcelle plantée, sera interdit. Pour Philippe Pellaton, « la conséquence directe est que, a minima, 65% de la surface des Côtes du Rhône et Côtes du Rhône Villages ne recevra plus aucun désherbant. L’objectif clairement affiché est une sortie du désherbage chimique à terme, à l’exception des zones très pentues et difficilement mécanisables ».

Ces points seront contrôlés dans le cadre des contrôles annuels habituels de l’organisme d’inspection de la Vallée du Rhône. Les sanctions iront jusqu’au retrait du bénéfice de l’appellation pour la parcelle ne respectant pas ces règles, voire la suspension de l’habilitation à produire de l’AOC pour l’opérateur. « Il nous faut donner des gages. Certains sont obligatoires, d’autres optionnels. Les 300 vignerons à l’assemblée générale l’ont accepté. C’est une grande satisfaction. J’observe de leur part plus de questionnements que de résistance, car les démarches sont déjà là, et les vignerons ont compris les enjeux » se réjouit Philippe Pellaton. En effet, les 300 projets soutenus par le syndicat, depuis la Charte paysagère environnementale initiée en 2014, témoignent de la conscience écologique et des démarches déjà entreprises dans les Côtes du Rhône.

Co-financer des ruches

Le plan intègre aussi la promotion des bonnes pratiques environnementales auprès des vignerons et la poursuite des travaux d’obtention de cépages résistants aux maladies de la vigne. Enfin, il encourage à préserver la biodiversité dans les vignobles, en favorisant les auxiliaires de la vigne tels que les abeilles, les chauves-souris et les oiseaux. Pour cela, le syndicat engage un partenariat avec les fédérations d’apiculteurs pour installer des ruches dans le vignoble des six départements, et aider à l’installation de jeunes apiculteurs.

Pour rendre visibles ces actions auprès du consommateur et même l’y impliquer, une démarche de cofinancement sera d’ailleurs proposée aux metteurs en marché, avec un label type collerette ou pyramide sur la bouteille, permettant de déclencher un acte positif d’achat, signifiant « en achetant cette bouteille, je finance des nichoirs pour les oiseaux et l’installation de ruches dans les vignes ».

Cécile Poulain


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