Visite de Brune Poirson : l'accès à l'eau au centre des débats

Publié le 18 mai 2018

Visite de terrain pour Brune Poirson, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire.

Vendredi 4 mai, Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, est allée à la rencontre des professionnels vauclusien à l’occasion d’une visite organisée sur l’exploitation de Nicolas Berger, producteur de pommes bio à Althen-des-Paluds. À cette occasion, les différents agriculteurs présents ainsi que les représentants de la Chambre d’agriculture de Vaucluse ont rappelé à l’édile l’importance cruciale de l’accès à l’eau pour la pérennité de l’agriculture vauclusienne dans les années à venir. Car la problématique est de plus en plus prégnante dans le département.

S’il a bien été question des spécificités et du fonctionnement de l’exploitation de pommes bio de Nicolas Berger à Althen-des-Paluds, le 4 mai dernier, lors de la visite de Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, les débats se sont rapidement orientés un thème précis : celui de l’accès à l’eau et des problématiques qui se posent actuellement en termes de ressource dans le département du Vaucluse.

Car avec une Surface agricole utile (SAU) de 87 000 hectares, dont 59 000 ha de vignes, pour 3500 exploitations agricoles et une cinquantaine de coopératives et organisations de producteurs, le Vaucluse consacre une part importante de son territoire à l’agriculture ; dans ce contexte, l’accès à l’irrigation devient un véritable enjeu, accentué par l’impact annoncé du changement climatique. Ces chiffres et d’autres, présentés par Pascal Lenne, directeur de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, sont venus étayer le débat qui s’est ensuite installé entre les professionnels, en présence du préfet de Vaucluse, Jean-Christophe Moraud, du président de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, André Bernard, de la présidente de la FDSEA Vaucluse, Sophie Vache, du président du domaine expérimental La Tapy, Gérard Roche, et de Christian Mounier, vice-président du Conseil départemental.

Car en Vaucluse, force est de constater que la répartition de la ressource n’est pas forcément homogène : ainsi, le Sud est bien alimenté grâce à la présence de la Durance, qui délivre 190 mètres cubes d’eau par seconde en moyenne. En revanche, le nord Vaucluse pâtit d’un déficit quantitatif de la ressource, cette dernière ne suffisant pas par rapport aux usages actuels. D’ailleurs, trois bassins versants du Nord Vaucluse ont été identifiés comme déficitaires en eau et ont fait l’objet d’un classement en zone de répartition des eaux (ZRE) pour cette raison : il s’agit du bassin du Lez provençal et ses nappes associées, du bassin de l’Ouvèze provençale et ses nappes associées et, enfin, du bassin de l’Aygues provençale et ses nappes associées.

« Nous avons pris un retard considérable en matière d’irrigation ».

La réglementation prévoit 9 millions de mètres cubes supplémentaires à économiser à l’horizon 2025 (dont 8 Mm3 exclusivement pour l’irrigation). Un aspect sur lequel le président de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, André Bernard, n’a pas manqué de réagir : « En trente ans, nous avons pris un retard considérable en matière d’irrigation en France. La preuve, on n’utilise que 3,5% de l’eau de pluie annuelle, alors même que celle-ci pourrait être stockée pour faire des réserves et pallier ainsi aux épisodes de canicule où l’eau fait défaut. La sécheresse est un problème que l’on peut atténuer avec du stockage ». Pour lui, la maîtrise et la bonne gestion de la ressource en eau sont cruciaux pour la pérennité de l’agriculture vauclusienne et, in extenso, pour tous les habitants du département. Ce à quoi la secrétaire d’État a répondu, cartes sur table : « La question de l’irrigation est effectivement essentielle et il faut s’y attaquer tout de suite. Déterminer ce qui peut être fait pour voir comment on avance ensemble ».

En ce qui concerne le Vaucluse, un projet d’irrigation pour le Nord Vaucluse est à l’étude. Baptisé projet HPR (Hauts de Provence Rhodanienne), il vise à développer et optimiser l’utilisation de l’eau du Rhône pour pallier le déficit en eau des bassins de l’Ouvèze, l’Aygues et du Lez provençaux dans le nord Vaucluse. L’investissement prévu pour ce projet HPR est de 250 millions d’euros. Pour rappel, le débit du Rhône est de 1700 m3 par seconde et les réseaux d’irrigation collectifs sont actuellement sous-développés à partir du fleuve. Par ailleurs, d’autres projets d’amélioration et d’extension des réseaux existants sont aussi prévus, notamment dans le Nord-Ouest et le Sud-Est du département.

Réfléchir au partage de l’eau.

Pour Nicolas Berger, producteur de pommes bio qui a accueilli la venue de la Secrétaire d’Etat, « l’accès à l’eau est un enjeu majeur dans l’agriculture. En tant que producteurs, nous avons des contrôles d’analyse de la potabilité de l’eau imposés par l’État ; mais il subsiste encore des incohérences par rapport à l’eau et son utilisation ». Il s’est cependant déclaré content de la visite de la secrétaire d’État : « Elle a l’air d’être bien à l’écoute des problématiques, c’est positif. C’était important pour moi de la sensibiliser sur le problème de l’eau, notamment pour ce qui est de la réglementation. Mais au-delà des nombreuses restrictions, l’accès à l’eau est un vrai enjeu pour l’agriculture car il va poser de plus en plus problème dans les prochaines années. Il faut d’ores-et-déjà réfléchir sur la question du partage de l’eau pour maintenant et pour l’avenir ».

Claire Plisson


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