Ventoux : Rendez-vous dans un an pour le Parc du Ventoux

Publié le 28 septembre 2018

Vendredi 14 septembre, un nouvel avant-projet de charte de Parc naturel régional est proposé aux 39 maires du territoire. Et le résultat est sans appel : 36 d’entre eux disent oui (©HOCQUEL Alain - Vaucluse Provence)).

Après une période troublée, de conflits et de guerres de tranchées entre ‘pro’ et ‘anti-parc’, deux élues régionales ont réussis à ramener tout le monde autour de la table, et à relancer le Parc naturel régional du Ventoux, qui devrait voir le jour à l’automne 2019.

Il aura été, depuis le début des années 2000, une sorte d’Arlésienne, pour les habitants des quelques 40 communes installées autour du Mont Ventoux : mais finalement, le Parc naturel régional Ventoux va bel et bien voir le jour, à l’automne prochain.

Lancé initialement par un petit groupe d’élus et de représentants d’associations diverses, et soutenu dès le départ par le député de la 3e circonscription, également conseiller régional, Jean-Michel Ferrand, l’idée d’un parc naturel régional est, au départ du moins, totalement apolitique. Le député, à cette époque également président du Syndicat mixte d’aménagement et d’équipement du Mont Ventoux (SMAEMV), missionne cette structure déjà en charge d’accompagner l’aménagement du territoire sur un territoire élargi autour du Ventoux, pour porter ce projet.

Le début des « chicayas ».

En 2006, la démarche est lancée, cette fois officiellement. Les parcs naturels relèvent de la compétence de la Région, et celle-ci, alors présidée par Michel Vauzelle, soutient le projet. Mais sur le terrain, un certain nombre d’acteurs s’agitent : chasseurs, sportifs, quelques agriculteurs également, s’inquiètent de voir une potentielle nouvelle administration venir leur mettre des bâtons dans les roues.

Peu à peu, cette opposition ‘anti-parc’ se structure, tandis que les ‘pro-parc’ donnent également de la voix. En 2012, le député Julien Aubert, tout nouvellement élu dans la toute nouvelle 5e circonscription, se fait porte-parole des ‘anti parc’. La situation se crispe de plus en plus, et surtout se polarise, même si les choses ne sont jamais aussi simple qu’on pourrait le croire : tous les chasseurs ne sont pas ‘anti-parc’, et tous les défenseurs de l’environnement ne sont pas forcément non plus ‘pro-parc’.

Après l’élection de Julien Aubert au Conseil régional, au côté de Christian Estrosi, nombreux sont ceux qui pensent que le projet avortera finalement dans l’œuf. Et entre 2012 et 2016, il sera effectivement mis en sommeil.

Esprit de conciliation.

En mai 2017, Christian Estrosi laisse la présidence de la région Paca à son président délégué, Renaud Muselier. Très vite, celui-ci demande à Jacqueline Bouyac, conseillère régionale et ancienne colistière de Jean-Michel Ferrand, de prendre la 1ere vice-présidence du SMAEMV. En février 2018, une grande démarche de concertation est relancée. Accompagnée de sa consœur Bénédicte Martin, présidente de la commission ‘Agriculture’ à la Région, Jacqueline Bouyac mène un travail de fond, de pédagogie et de mise à plat des problèmes, partant à la rencontre de tous les acteurs du territoire, pour répondre une par une à chacune de leurs questions.

En quelques mois, les deux femmes réussissent à apaiser la situation, ce dont leur président Renaud Muselier ne manque pas de les féliciter à de nombreuses reprises. D’autant que le résultat est là : vendredi 14 septembre, un nouvel avant-projet de charte de Parc naturel régional est proposé aux 39 maires du territoire. Et le résultat est sans appel : 36 d’entre eux disent oui (deux abstentions et un vote contre). Une victoire sans faux col, contrairement aux scrutins plus contrastés des précédentes consultations.

Ce projet de charte va donc désormais être examiné de près par l’État, et devrait ensuite être signé par le Premier ministre en personne, d’ici le début de l’année 2019. Au printemps viendra le temps d’une phase d’enquête publique, puis, « durant le troisième trimestre 2019 », comme l’affirme sans hésitation Renaud Muselier, viendra le lancement officiel du Parc naturel régional du Ventoux. Restera alors à faire perdurer la belle union des acteurs du territoire, que mesdames Bouyac et Martin sont parvenues à bâtir, et à faire vivre un projet avec l’ensemble d’un territoire. Autant dire que le plus dur reste à faire.

Pierre Nicolas, CLP


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