« Une démarche collective et volontaire pour des professionnels qui s’engagent ! »

Publié le 29 octobre 2018

« Tout pépiniériste français pourra adhérer à cette association dont le but est de porter l’image et la promotion de la marque collective », expliquait cette semaine David Amblevert, président de la Fédération française de la pépinière viticole.

Annoncé lors du congrès de Carcassonne, la nouvelle marque collective de la pépinière française, a été officiellement lancée à Beaune, mardi dernier. Retour sur le projet phare de la mandature avec son président, David Amblevert.

Quels sont les objectifs de cette marque collective, annoncé lors du congrès de Carcassonne en 2017 et officiellement lancée lors du congrès de Beaune, qui a eu lieu cette semaine ?

David Amblevert : « Nous avions la volonté d’inscrire cette marque, collective et professionnelle, dans le cadre du plan dépérissement de la vigne dans lequel la FFPV est associée au travers de l’axe 2. À ce titre, nous avons renforcé nos échanges avec la viticulture, et les questions posées sur le matériel végétal concernaient aux premiers abords la pépinière qui, naturellement, a souhaité y apporter toute sa contribution. L’objectif de cette marque est de valoriser l’engagement sanitaire des pépiniéristes français, et elle est assise sur trois piliers : tout d’abord, une sélection française ; ensuite, des vignes mères de greffons et porte-greffes cultivées en France ; enfin, des greffages, pépinières plein champ et plants en culture en sol produits en France. Certes, notre engagement est résolument tourné vers le sanitaire, mais cette marque est aussi synonyme de traçabilité, de proximité et de services. Pourront faire partie de cette association, présidée par le Vauclusien par Giovanni Varelli, les pépiniéristes qui s’engagent dans le cahier des charges, validé par un organisme certificateur. Cette marque est une démarche collective volontaire pour des professionnels qui s’engagent !  »

De quelle manière va-t-elle être mise en place ?

D. A. : « Tout pépiniériste français pourra adhérer à cette association dont le but est de porter l’image et la promotion de la marque collective. Ces pépiniéristes s’inscrivent véritablement dans une démarche de progrès. Cette marque renforcera inévitablement leur image riche de leur savoir-faire et de leur proximité avec leurs clients. Cette association sera en charge d’animer et de fédérer ces adhérents autour d’un programme très complet (site internet, journées techniques, outils de communication, formation. Bref, un réseau va se mettre en place. Mais surtout, les pépiniéristes qui s’engagent dans cette démarche vont valoriser leur travail au niveau sanitaire, renforcer les prospections de nos vignes mère, notamment contre les maladies connues comme la flavescence dorée, mais aussi sur les maladies émergentes. Pour cela, nous nous formerons à la détection de ces nouveaux fléaux. On ignore encore la cadence de ces formations, mais elles seront plurielles. Cette volonté de mieux faire, et mieux faire savoir, est partie d’une détermination de mieux tracer nos activités, d’être plus transparent sur le matériel végétal qui circule, car 15% des plants sont importés. »

Une nouvelle charge administrative donc pour les pépiniéristes ?

D. A. : « Non, cette marque n’est pas une nouvelle contribution à l’empilement du millefeuille administratif. Notre maître mot n’est pas de monter une « usine à gaz ». Nous prendrons les déclarations de mises en œuvre envoyées à FranceAgriMer et donnerons copie à l’organisme externe, en charge du contrôle et de la délivrance des autorisations de commercialiser les bois ou plants sous marque. Cet organisme est gage de sérieux de notre démarche. »

Cette marque est l’aboutissement de la mandature…

D. A. : « En effet, c’est l’un de nos projet d’envergure, celui porté collectivement par notre conseil d’administration qui achève, à Beaune, son mandat. Mais cette marque reste une marque privée, volontaire pour les pépiniéristes qui veulent se démarquer, construire, et non subir, leur avenir. Là, nous renforçons notre compétitivité alors même que celle-ci est mise à mal, encore et encore au travers de différentes mesures – suppression du CICE, risques sur le TO/DE – et sachant que, dès le 1er janvier prochain, nous deviendrons les secrétariats annexes des services fiscaux, avec le prélèvement à la source, qui vient encore ajouter des charges aux charges. Cette marque doit permettre à la pépinière viticole française de prendre, collectivement, la direction du chemin qui nous permettra, demain, d’exister encore. »

La compétitivité était d’ailleurs le thème central de votre intervention lors du congrès de Beaune ?

D. A. : « Oui, tout est basé sur la professionnalisation et la compétitivité de la pépinière française, la première au monde. À longueur de temps, nous constatons des distorsions qui nous affaiblissent. Face à cela, soit on est résigne, soit on cultive l’audace et l’optimisme, synonyme de progrès et de développement. Ainsi, au niveau économique, les Conseil régionaux soutiennent les investissements pour des outils modernes et innovants, pour minimiser la pénibilité et optimiser nos coûts de production. D’ores et déjà, en 4 ans, 1,250 million d’euros d’aides ont été octroyées à des professionnels, sur 6 millions d’investissements. Mais la compétitivité est aussi technique, avec notamment le déploiement des cépages résistants Resdur, le rajeunissement de nos vignes mères et l’adaptation de nos plans de greffage face aux évolutions climatiques. La commission technique étudie d’ailleurs différents itinéraires techniques, afin d’optimiser nos taux de reprise face aux enjeux climatiques et environnementaux, évolutifs. Enfin, la compétitivité est réglementaire : la pépinière française pèse 300 millions d’euros de chiffres d’affaires ; elle mérite attention et constitue l’élément socle de la pyramide viti-vinicole nationale. Dans un contexte de maladie émergente, la suppression de la taxe sur la redevance aux contrôles de FranceAgriMer est un mauvais signal envoyé : il faut aussi pérenniser cette ressource pour préserver les moyens humains de contrôle. Nous en appelons au soutien de la viticulture pour cela ! »

Propos recueillis par Céline Zambujo


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