Truffe : La trufficulture évolue

Publié le 17 décembre 2018

La FRT Paca a organisé un stage de formation des contrôleurs qualité avec un docteur en biologie, le 21 novembre à Forcalquier.

Le 16 novembre, la Fédération régionale des trufficulteurs Paca tenait son assemblée générale à Aups. À l’ordre du jour, de nombreux sujets : expérimentations en cours, plan de développement, arômes de synthèse, charte et contrôle qualité sur les marchés de détail…

L’ouverture de cette assemblée générale des trufficulteurs de la région Sud Paca a commencé par un hommage en raison du décès, la veille, de Francis Gillet, président fondateur du Syndicat des trufficulteurs du Var. Michel Santinelli, président de la Fédération régionale des trufficulteurs Paca, a salué son travail de structuration de la filière trufficole avec la création du syndicat en 1971, de la Fédération régionale des trufficulteurs Paca (FRT Paca) – aux côtés du président Espenon –, et de la Fédération française des trufficulteurs (FFT).

« Deux axes forts mobilisent la fédération », a déclaré Michel Santinelli après cet hommage : le plan de développement de la trufficulture, et la professionnalisation des marchés de détail. Pour débuter, le président est revenu sur le plan de développement de la trufficulture, mis en place en partenariat avec la Région Sud Paca. « Si la moitié de la production mondiale est française, sur les 7500 hectares provençaux, plus de 3000 hectares sont vieillissants. Or, face aux efforts considérables entrepris par les Espagnols pour la production truffière, si l’on veut résister et continuer à produire, il nous faut investir via un plan d’aide. Tout ceci est en lien avec le développement du réseau Canal de Provence et nous voulons apporter là notre expertise technique », résumait-il.

Le deuxième pôle d’actions concerne les nouveaux marchés de détail que la FRT veut professionnaliser, en s’appuyant sur une charte nationale de qualité et sur le contrôle, pour apporter des garanties aux consommateurs. Dans cette logique, la FRT Paca a organisé un stage de formation des contrôleurs qualité avec un docteur en biologie, le 21 novembre à Forcalquier afin de montrer son intégrité. D’ailleurs, le choix d’Aups pour cette AG 2018 n’est pas dû au hasard : en effet, la fédération régionale l’a choisi afin de soutenir le Syndicat des trufficulteurs du Var, et son marché, qui a fait l’objet en début d’année de rumeurs de tricheries. « La suspicion est plus grave que la réalité », précisait d’ailleurs, Michel Santinelli qui a expliqué qu’en réaction, la profession nationale a mis en place une démarche qualité sur les marchés de détail, « les marchés de professionnels n’en ayant pas besoin ». Pour ce faire, la FFT a bâti un cahier des charges autour d’une charte à destination des marchés de détail. Mais pour le président, « la plus grosse de tromperie se passe dans les cuisines : il est grave d’habituer les consommateurs à ce goût modifié de la truffe ! », faisant référence aux arômes de synthèse.

Renouveler l’outil de production.

Puis, le président a évoqué tour à tour plusieurs sujets : le rôle du syndicalisme et l’intérêt d’une structuration régionale ; la reconnaissance de la profession au niveau national (la truffe est reconnue produit agricole depuis 2015) ; la création d’une interprofession incluant les pépiniéristes ; le besoin de coopération entre production et commerce ; le développement de la production espagnole qui dépasse désormais celle de la France (avec des plantations subventionnées en partie par l’Europe) ; la recherche publique française, « très performante, dont il faudrait éviter que les avancées profitent majoritairement aux pays étrangers ».

Actuellement, la région recense 3 000 trufficulteurs, soit la moitié des adhérents à la FFT, et le besoin en plantation est estimé à 300 à 400 hectares par an, « afin de renouveler l’outil de production ». Mais au-delà du développement du potentiel de production, le président a également insisté sur la « préservation » de l’existant, relevant en particulier les actions mises en place ces dernières années et le développement d’outils dissuasifs (caméras) pour lutter contre les vols de truffes. Michel Santinelli a également salué le travail réalisé avec le concours des gendarmeries concernant la protection de certains secteurs, et celui des chasseurs, pour lutter contre les dégâts de sangliers, « en légère baisse ».

Le président Santinelli souligne l’importance des truffières dans l’occupation du territoire et le fait que la région Paca, première région productrice avec plus de 50% de la production nationale, doit être active pour maintenir le leadership français de la production mondiale. « Il s’agit d’une période charnière où les professionnels, et les élus régionaux ont leurs responsabilités à prendre » conclut-il.

Cécile Poulain


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