Trois questions à Jean-Louis Piton, président du conseil permanent de l'#INAO

Publié le 07 avril 2017

Fin janvier, Jean-Louis Piton a été nommé président du Conseil permanent de l’Institut national des appellations d’origine (INAO).

Le viticulteur vauclusien, président de #Marrenon, qui a également été président du groupe vins du #Copa-Cogeca (comités des organisations professionnelles agricoles et des coopératives auprès de l’UE), Jean-Louis Piton, a endossé le 2 février dernier les habits de président du conseil permanent de l'INAO.

Peut-on espérer une avancée sur les possibilités d'irriguer en vignes en vignes d'appellation ?

J.-L.P. : « Le dossier de l’irrigation est important pour l’INAO. Le projet de texte met du temps à être signé et on le surveille attentivement. Nous devrions avoir une signature dans les prochaines semaines et j’ai bon espoir : on peut rêver d’une récolte viticole 2017 en AOC qui soit sous le nouveau régime. »

Quelle est votre avis sur le désaccord qui oppose crémant et vins IGP pour l'élaboration d'effervescents ?

J.-L.P. : « Ce désaccord entre les crémants et les IGP symbolise le fait que le sujet n’a pas réussi à faire l’objet d’un compromis accepté par les deux parties. Du coup, il doit être traité par les tribunaux, et c’est pour moi le signe d’une défaillance. Dans ce mandat, je vais m’engager à ce que les textes conflictuels et qui provoquent des recours ne sortent pas. Les textes que nous proposons ne doivent pas avoir de zone de fragilité, c’est un enjeu fort. C’est là que le rôle d’arbitre et de recours dont je parlais tout à l’heure prend tout son sens. Les candidats IGP retoqués sur leur texte par le Conseil d’Etat continuent d’observer les remontrances faites et travaillent à s’y adapter pour continuer dans leur objectif de produire des effervescents en IGP en répondant aux questions posées. Mais le Conseil d’Etat a jugé la production d’IGP effervescents possible en France, à condition de démontrer les usages, le lien au terroir et la particularité du produit. Une fois la démonstration faite, cela doit être validé et acté par tous. »

Les cépages dits résistants pourront-ils être intégrés dans les cahiers des charges des vins d'appellations ?

J.-L.P. : « Sur les cépages dits résistants, le comité national des AOC s’est exprimé en la matière et n’a pas émis d’opposition de principe. Ce serait même plutôt un avis favorable. Ce qu’il faut faire modifier, c’est la réglementation communautaire qui ne permet pas aujourd’hui à ces cépages dits résistants d’être en AOC, car ils contiennent une partie hybride. Il faut soit faire une négociation européenne, soit faire admettre que certains cépages, vu le taux infime de présence de gènes issus de cépage hybride, peuvent être néanmoins considérés comme des Vitis vinifera. Les Allemands l’ont fait. Quand ils seront autorisés, il faudra néanmoins se poser la question de les introduire dans les cahiers des charges AOC avec les mêmes critères que les cépages traditionnels. Par contre, là où nous devons être particulièrement attentifs et avoir des réserves, c’est sur les questions d’homonymie. Le fait de porter tout ou partie du nom d’un cépage aujourd’hui reconnu par les consommateurs, sans en avoir les mêmes qualités organoleptiques, pose problème. Un problème qu’il nous faudra résoudre. »

Propos recueillis par Céline Zambujo


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