Transmettre et partager, l’objectif du projet ‘Collecte paysanne’

Publié le 28 juin 2018

Le projet ‘Collecte de mémoire paysanne’ a été menée par les lycéens du BTS ‘Développement animation des territoires ruraux’ du lycée Louis Giraud, à Carpentras. Tout au long du printemps 2017, ces jeunes sont allés à la rencontre d’anciens agriculte

Le Projet de ‘Collecte de mémoire paysanne en Vaucluse 1950 – 1980’ est un travail intergénérationnel, social et solidaire, qui œuvre également pour la prévention de la perte d’autonomie.

L’initiative de ce projet ‘Collecte paysanne’ appartient à la Section des anciens exploitants de la FDSEA. Leur objectif ? Transmettre leur témoignage concernant la révolution dite « silencieuse » qu’a connue l’agriculture dans les années 1950-1980, et dont ils ont été, pour la plupart, des acteurs déterminés.

Un premier volet, mené en partenariat avec les lycéens du BTS ‘Développement animation des territoires ruraux’ du lycée Louis Giraud, à Carpentras, est en cours de finalisation : tout au long du printemps 2017, les lycéens sont allés à la rencontre d’anciens agriculteurs, et ont collecté leurs souvenirs sur la période en question, sous la forme d’entretiens filmés et enregistrés. Un film, actuellement en cours de montage, sera l’aboutissement de la démarche.

Un deuxième volet est en train d’être mis en place : il s’agit cette fois d’identifier quels ont été les acteurs de cette révolution silencieuse, puis d’aller les rencontrer afin de leur faire retracer comment ils y ont participé, quel rôle ils ont joué, quels ont été leurs combats, pour quels enjeux, et, globalement, comment ils ont relevé les défis auxquels ils étaient confrontés.  Pour mener à bien cette phase du projet, il a été fait appel à une biographe, Brigitte Reynaud, en charge de la collecte, puis de la transcription des différents témoignages. Le produit de ce travail sera un livre, si possible avec illustrations, destiné à tous ceux que les problématiques agricoles intéressent. Celles d’hier ne diffèrent pas tant de celles d’aujourd’hui…

Un premier volet en voie de finalisation.

Mené en partenariat avec les lycéens du BTS ‘Développement animation des territoires ruraux’ du lycée Louis Giraud, à Carpentras, la première partie du projet est soutenue par différentes structures départementale comme le Conseil départemental de Vaucluse, la Conférence des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie, le Cript Paca*, le Conseil régional Paca, la Chambre d’agriculture de Vaucluse et aussi le Vaucluse Agricole.

« Après la guerre, dans les années 1950-1980, le monde paysan a connu une révolution dite « silencieuse » (Michel Debatisse) au cours de laquelle elle a eu de nombreux défis à relever. Il fallait s’adapter aux bouleversements survenus à tous les niveaux. Les réponses apportées ont été collectives et sont nées d’une réflexion conduite par les générations montantes des jeunes agriculteurs, désireux de faire entrer l’agriculture française de plain-pied dans le monde moderne, mais aussi de permettre à l’agriculteur de prendre toute sa place au sein de la société », explique la Brigitte Reynaud.

Le résultat d’années en années a été une adaptation des exploitations agricoles à leur environnement changeant, et l’apprivoisement sans cesse répété de nouvelles techniques, nécessaires pour « accéder pleinement au marché ». Toutefois, cette évolution permanente s’est faite avec une conservation de la dimension familiale des exploitations agricoles. « Pour atteindre cet objectif, les jeunes agriculteurs ont imaginé une nouvelle approche de l’agriculture et de l’exploitation agricole ; on a nommé cela ‘politique des structures’. Ils ont réussi à convaincre les pouvoirs politiques de l’époque de mettre en œuvre des outils juridiques, à l’intérieur d’un cadre règlementaire, pour engager l’agriculture dans cette voie. »

En Vaucluse, de nombreux acteurs du monde agricole ont ainsi participé à cette révolution. « Les défis qu’ils ont relevés hier, peuvent valoir d’exemple pour les acteurs d’aujourd’hui et de demain, et cette expérience mérite d’être transmise. » C’est dans cette optique qu’est lé le projet ‘Collecte de mémoire paysanne en Vaucluse 1950 – 1980’. « L’objectif est bien de retracer cette histoire, en collectant les témoignages d’agriculteurs retraités qui ont vécu cette période. De leur permettre aussi d’apporter leur contribution sous une forme ou sous une autre. Il s’agit donc de rendre compte d’une aventure collective à  travers des parcours individuels », poursuit Brigitte Reynaud.

Transmettre, mais pas seulement…

Outre l’objectif de transmission, le projet a également une dimension sociale. « En effet, tant qu’ils sont en activité, les agriculteurs, grâce aux nombreux lieux d’échange que sont les marchés, les coopératives, les syndicats, les groupements économiques, et toutes les structures mutualistes, échappent au risque d’isolement, que le métier de paysan, par nature, favorise. » Mais une fois à la retraite, l’agriculteur est, de fait, coupé de son milieu, et peut  souffrir d’un certain repli sur soi. « Aussi, participer à un projet collectif de transmission de l’expérience, et apporter une contribution utile pour l’avenir, peut générer une nouvelle dynamique et, par-là, recréer du lien social » conclut-elle.

La seconde partie du projet, qui débute à peine, doit donner lieu à l’édition d’un livre.


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