Terroirs du Sud : Au pied du mur

Publié le 03 décembre 2018

Lors de l'AG, le président de TDS a annoncé qu’il avait reçu mandat pour étudier la possibilité d’un rapprochement avec Céréalis et la CAPL dont la fusion est soumise au vote des adhérents le 10 décembre prochain.

Après l’extrême difficulté de la dernière moisson, l’annonce d’un énième recul des surfaces emblavées en blé dur, le prix du marché actuel, et « l’inattendu » projet de fusion entre Céréalis et la CAPL – sur lequel les adhérents de Céréalis doivent se prononcer le 10 décembre prochain –, le conseil d’administration de Terroirs du Sud vient de donner mandat à son président d’étudier la question d’un rassemblement, à terme, autour des trois coopératives.

Il y avait foule ce jeudi 22 en fin de journée, à Mondragon. Une foule d’adhérents attentifs et silencieux, conscients de vivre la fin d’une aventure. « Une page se tourne », confirmait, en effet, le président de la coopérative céréalière, Jean-Pierre Bouiron dans son rapport moral. Difficile à croire, mais depuis la fusion avec Sud Vaucluse, il y a trois ans, la coopérative ne peut que constater la baisse de sa collecte. Et ce n’est pas faute d’avoir réduit les charges, à commencer par son personnel, passé de 43 salariés au moment de la fusion (2012-2013), à 27 cette fin d’année 2018. « Baisser les effectifs a ses limites. On ne peut pas aller plus loin, sinon, nous n’aurions plus les compétences nécessaires pour assurer un service à nos associés-coopérateurs », justifiait d’ailleurs Pierre Volle, président-délégué de Terroirs du Sud, dans le rapport d’activité présenté lors de l’assemblée générale.

Pourtant, la coopérative présente un bon bilan financier, avec 6,5 millions d’euros de fonds propres et un chiffres d’affaires de 10 millions d’euros en 2018-2019 (21 M€ en 2012-2013), « sept fois supérieurs à nos dettes. Mais la baisse d’activité entraîne une baisse importante du chiffre d’affaires ». Pourtant, cela ne suffit pas, car tout n’est pas du ressort de la coopérative : la faute à un prix du blé dur insuffisant (environ 180 €/tonne) pour motiver les agriculteurs pour qui le blé dur n’est qu’une composante de la rotation ; la faute aussi aux conditions climatiques (sécheresse lors des semis 2017, pluies abondantes sur ces semis 2018) qui ont pénalisé les surfaces et les rendements (-47% de surfaces de blé dur en Paca en 10 ans ; -15% annoncés pour les semis 2018) ; la faute, enfin, à une moisson catastrophique cette année qui a, sans doute, scellé le sort des décisions qui étaient dans les tuyaux, et accéléré les rapprochements annoncés entre structures.

Une future grande coopérative en Vaucluse ?

En effet, Céréalis va présenter, le 10 décembre prochain lors de son assemblée générale, un projet de fusion avec la CAPL à ses adhérents. Une décision qui a incité le conseil d’administration de Terroirs du Sud à mandater son président et son président-délégué « pour évoquer un rassemblement, à terme, autour de nos trois coopératives, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives », expliquait Jean-Pierre Bouiron « Nous avons une responsabilité sociétale », poursuivait-il. « Allons-nous réussir à créer une coopérative régionale d’une taille espérée depuis tant d’année ? L’opportunité en tout cas semble aujourd’hui se présenter. »

Dès mars 2017, la coopérative s’était rapprochée de Natura’Pro1 en vue, déjà, d’un rapprochement. Mais, depuis, le projet a depuis été remis en cause. La fusion « inattendue » entre Céréalis et la CAPL, confiait Jean-Pierre Bouiron, a donc rebattu les cartes pour Terroirs du Sud, tout comme le départ de son emblématique directeur, Denis Maucci, qui a officiellement pris sa retraite le 23 novembre au soir.

« Le monde agricole ne peut plus vivre replié sur lui », poursuivait Pierre Volle. « Nous avons la nécessité d’une complémentarité avec d’autres structures, comme nous avons déjà su le faire par le passé, avec nos unions (Interra Pro, Grains de Soleil, Top Semence et le silo intercoop de Bollène, ndlr). » C’est donc tout l’enjeu du projet proposé aux adhérents-coopérateurs pour les prochains mois. « Nous avons intérêt à travailler ensemble pour développer une filière régionale forte qui maintienne un service aux coopérateurs. Ainsi, la filière aura la capacité de porter des projets qui redonneront de la valeur ajoutée à nos matières premières ; et elle pèsera suffisamment pour faire redescendre cette valeur-ajoutée dans les exploitations. Car si le service disparaît, le blé dur disparaîtra, remplacé comme c’est déjà le cas aujourd’hui par de la lavande ou des fourrages », résumait le directeur, Denis Maucci.

Céline Zambujo


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