Syndicalisme : Les problématiques fruits et légumes expliquées au préfet

Publié le 10 novembre 2017

Sur invitation de la FDSEA et des JA de Vaucluse, le préfet Jean-Christophe Moraud a visité le 31 octobre dernier, une exploitation arboricole et une exploitation maraîchère en ceinture verte d’Avignon. (©C.Zambujo)

Le 31 octobre dernier, le préfet de Vaucluse, Jean-Christophe Moraud, a répondu à l’invitation lancée par la FDSEA du Vaucluse, JA 84 et la Confédération générale de l’agriculture. Objectif : faire un tour d’horizon des problématiques des filières fruits et légumes, après celui fait sur la filière viticole1.

« Les arboriculteurs et les maraîchers ont investi ces dernières années. Ils ont innové pour maintenir leur compétitivité au mieux face aux distorsions de concurrence qui existent avec d’autres pays membre, notamment sur le coût du travail et la réglementation », expliquait Bernard Mille, président de la FDSEA de Vaucluse et de la CGA, mercredi 31 octobre. Le préfet, Jean-Christophe Moraud, attentif, croque dans une pomme produite par Stéphane, Pascal et Jean-Paul Gailet du Domaine du Grand Hôpital, qui accueille la première étape de cette tournée.

Les producteurs ne cachent pas leur inquiétude au préfet : ils viennent d’apprendre qu’un cours d’eau passant sur le domaine a été classé par le nouvel arrêté signé le 3 octobre dernier par le préfet. Cet arrêté définit les points d’eau en bordure desquels sont définies des conditions d’utilisation des produits phytopharmaceutiques, et notamment les zones de non-traitement (ZNT). Conséquence pour les arboriculteurs : au pire, ils vont devoir arracher 20 arbres sur chaque rang pour avoir une distance suffisante entre le cours d’eau et la parcelle agricole. « L’arrêté ZNT en Vaucluse signé le 3 octobre ne nous convient pas », résume d’ailleurs le président Mille.

Sous-investissement et déficit d’innovation.

« En Vaucluse, nous avons avec l’hydraulique et la protection des cultures deux sujets sensibles d’autant que le matériel qui permet de réduire les ZNT est inabordable pour les agriculteurs », relance André Bernard, président de la Chambre d’agriculture. « Il y a certainement des choses à faire », reconnaît Bernard Mille, « mais le problème est que les trésoreries des entreprises arboricoles ne permettent pas aujourd’hui d’investir dans les matériels aujourd’hui proposés ». Une situation que reconnaît Jean-Christophe Moraud : « L’agriculture soufre d’un sous-investissement et d’un déficit d’innovation depuis plusieurs années », répond le préfet. « Tout cela a bien été rappelé par le président de la République à Rungis lors de son intervention sur les États généraux de l’alimentation : le président veut remettre de la création et du partage de valeur dans la filière agricole. »

Autre sujet d’achoppement entre les services de l’État et la filière agricole, les 17 communes du département classées en zone vulnérable aux nitrates. « C’est une décision qui une nouvelle fois va à l’encontre de l’agriculture départementale, car il n’a pas été démontré que ces nitrates étaient d’origine agricole », explique André Bernard. Sans se démonter, le préfet rappelle quand même qu’il s’agit là « de l’application d’une directive européenne et que la France ne peut s’y soustraire », mais il acquiesce sur le fait qu’il faut « poser la question des analyses pour voir si effectivement ces nitrates sont imputables ou non à l’agriculture et aux activités agricoles ».

Céline Zambujo


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