Raisin de table : des financements pour accélérer la recherche de variétés résistantes

Publié le 03 février 2017

Comme le Conseil départemental, Bénédicte Martin pour la Région a assuré au président de l’AOP raisin, son soutien financier pour le programme de recherche de nouvelles variétés.©M.S

Mardi 24 janvier, l’AOP raisin de table a organisé à Mazan sa 2e journée dédiée à la filière, dans un contexte serein liée à une campagne de commercialisation 2016 satisfaisante. Principale problématique aujourd’hui : proposer le plus rapidement possible aux producteurs des variétés résistantes au mildiou et à l’oïdium, avec si possible des qualités organoleptiques qui permettraient de concurrencer le muscat. Conscients des enjeux, le Conseil départemental et régional sont prêts à accompagner financièrement la recherche.

Aujourd’hui, la production de raisin de table reste orientée sur les raisins noirs à 80%, avec toujours la domination du muscat de Hambourg (62%). « Le verger est vieillissant et nous attendons le renouvellement variétal en noir et en blanc », rappelle la directrice de l’AOP raisin de table, Alexandra Lacoste. Conscients de l’urgence et de l’importance du problème, le Conseil départemental de Vaucluse, représenté par Christian Mounier, et la Région représentée par Bénédicte Martin, ont annoncé leur volonté d’accompagner financièrement le programme de recherche variétal conduit par l’IFV et la Tapy, visant à trouver des variétés présentant des résistances durables au mildiou et à l’oïdium, un caractère apyrène, et des qualités gustatives qui leur permettraient de remplacer les variétés existantes. Grâce à ce soutien financier du Département et la Région, un plus grand nombre de variétés potentiellement intéressantes pourra être surgreffé, afin de réduire la durée nécessaire à l’obtention et l’inscription d’une nouvelle variété (normalement de 15 à 16 ans).

Accélérer le processus.
Depuis le début des travaux, 16 génotypes ont été surgreffés à Montpellier et à la Tapy. En 2015/2016, des multiplications avec centennial seedless ont été réalisées (obtention 19 génotypes, qui seront surgreffés en 2017). En 2016, les croisements ont été poursuivis avec muscat de Hambourg et d’Alexandrie (plus de 3000 pépins obtenus). Tout est mis en œuvre pour accélérer le processus, mais « si le nombre de souches surgreffées est suffisant pour l’inscription, il faudra que des producteurs prennent des risques, en les testant en conditions de productions », met en garde Loïc le Cunff. Les premières variétés surgreffées à la Tapy ont en 2016 confirmé leur aptitude à résister au mildiou et à l’oïdium. Reste à valider leur intérêt pour les producteurs. Mais pour l’instant, Vincent Lesniak, en charge du dossier à la Tapy relève comme points négatifs : « des petites baies, une peau persistante, des pépins gênants et une homogénéité aléatoire ». Pour les critères positifs, ces variétés confirment leur résistance et même une sensibilité faible à d’autres maladies, comme le black rot, leur fertilité et des rendements satisfaisants. Côté saveur, c’est plutôt neutre.
Neuf variétés apyrènes seront surgreffées en 2017 : 3 noires et 6 blanches, et 10 avec pépins (6 noires et 4 blanches). « Si elles sont intéressantes, nous pourrons voir avec les pépiniéristes pour anticiper leur multiplication avant l’inscription », poursuit Vincent Lesniak. « Ce sont des variétés, mais elles peuvent aussi être des parents », souligne Loïc Le Cunff.

Accompagner la dynamique professionnelle.
Pour conforter l’appui technique à cette filière, le directeur du Ctifl, Louis Orenga a enfin annoncé qu’il affecterait quelqu’un - entre autres - sur le raisin de table, répondant ainsi au moins en partie aux demandes récurrentes et à la persévérance du président, René Reynard.
Lors de son intervention, Bénédicte Martin, présidente de la commission agricole a rappelé la volonté de la Région d’accompagner des stratégies de filière, et notamment l’innovation, la valorisation et l’organisation. « C’est avec vous que nous pourrons construire des programmes. Nous avons besoin de nous appuyer sur la dynamique professionnelle. Il faut que l’on sente une dynamique du côté de la profession, pour l’accompagner. Sur le raisin de table, nous nous sommes engagés, et travaillons main dans la main avec le Conseil départemental. La Région va s’engager sur un programme sur 3 ou 5 ans, pour adapter la production au goût des consommateurs et à un nouveau contexte de production. »

 Magali Sagnes


Fruits & légumesRaisin de table recherche variétés