Piolenc : IGP lancée pour l'ail de Piolenc !

Publié le 30 juin 2017

« Nous étions plusieurs producteurs à œuvrer chacun de son côté et nous avons décidé de nous regrouper pour promouvoir notre produit », explique Stéphane Massonnet, producteur et pépiniériste à Piolenc, mais aussi président de l’APA.

Née officiellement en décembre dernier, l’Association des producteurs d’ail de Piolenc, qui représente un potentiel de 400 tonnes, fait un démarrage en trombe : à peine âgée de six mois qu’elle a déjà défini son logo, ses emballages et qu’elle a lancé sa première manifestation, avec le lancement de l’ail nouveau, le 10 juin dernier. L’APA et ses six producteurs dynamiques se donnent 5 ans pour obtenir l’IGP.

Piolenc, capitale de l’ail. Si jamais on devait l’oublier, un grand panneau nous le rappelle, à l’entrée du village. Piolenc, connue pour sa fête de l’ail, festival culturel et folklorique, qui se tient traditionnellement fin août (cette année, les dates sont d’ores et déjà connues : ce sera les 26 et 27 août). Et bien à Piolenc, il faut désormais compter avec une nouvelle association, l’APA, association des producteurs d’ail. Officialisée en décembre 2016, cette association regroupe actuellement six producteurs d’ail produisant sur les communes de Piolenc, Monras, Uchaud, Orange et Caderousse, soit environ 80% de la production locale (400 tonnes). « Nous étions plusieurs producteurs à œuvrer chacun de son côté et nous avons décidé de nous regrouper pour promouvoir notre produit et lancer une Indication géographique protégée ou une Appellation d’origine protégée. Mais pour cela, il fallait d’abord se fédérer, ce que nous avons fait fin 2016 », explique Stéphane Massonnet, producteur et pépiniériste à Piolenc, mais aussi président de l’APA.
L’association va travailler principalement sur deux axes : créer un label et promouvoir l’ail violet de Piolenc, « nous espérons au-delà des frontières françaises ». « Depuis 4-5 ans, la demande se fait plus forte et c’est quand tout va bien qu’il faut préparer l’avenir », renchérit Francine Favalier, trésorière de l’association. Car il faut dire que l’ail de Piolenc est réputé pour sa qualité : « Il est produit sans conservateur, sans anti-germinatif, avec des méthodes de cultures raisonnées, du paillage, du goutte-à-goutte, de la plantation à la main… », détaille Olivier Surles, conseiller municipal et trésorier de l’association. « Dans le coin, l’ail est une culture secondaire qui vient après la pépinière viticole ou les grandes cultures. Mais les producteurs d’ail n’ont jamais voulu vendre en gros et ont toujours fait particulièrement attention à la qualité de leur production. Cette antériorité de production (la confrérie de l’ail existe depuis 30 ans et la fête de l’ail fêtera en 2017 sa 38e édition, ndlr) et cette attention à la qualité font qu’aujourd’hui, notre ail jouit d’une bonne image. Et c’est là-dessus que nous souhaitons capitaliser », relance Stéphane Massonnet.

L’INAO déjà contacté.

L’APA se donne cinq ans pour parvenir à l’obtention du label IGP. « Les premiers contacts avec l’INAO ont été faits et nous travaillons ensemble sur une ébauche de cahier des charges », détaille Francine Favalier. Les points forts de ce cahier des charges sont le respect des règlements en matière d’étiquetage F&L ; la traçabilité au colis (à la tresse, à l’unité de vente) ; l’identification des producteurs, de la parcelle et de la date de conditionnement ; le lien au territoire ; une variété violette (Germondour) ; un calibre minimum et l’homogénéité des lots, « nous allons d’ailleurs faire des planches visuels pour aider les conditionneurs », précise la trésorière. « Nous voulons éviter tout ce qui est variétés précoces et qui ne représentent pas la qualité de l’ail de Piolenc à nos yeux », poursuit Stéphane Massonnet.
Ce travail s’accompagnera de conseils techniques, d’un guide phytosanitaires mis à la disposition des producteurs. « L’avantage, c’est aussi que cette association nous permet de confronter nos façons de faire au niveau agronomique et d’échanger sur nos méthodes culturales. C’est aussi un facteur de progrès non négligeable », note le président.
Six mois après sa création, l’APA a déjà bien avancé puisqu’elle propose pour cette campagne 2017 un packaging commun avec un logo pour l’ail nouveau, l’ail demi-sec et l’ail de conservation. Deux emballages de 2 et 5 kg en bois et carton ont d’ailleurs été présentés le 10 juin dernier lors de la première fête de l’ail nouveau, manifestation lancée conjointement par l’APA et la mairie de Piolenc, partenaire de l’association. « L’idée principale pour cette première édition était de faire connaître au plus grand nombre notre association, mais aussi de lancer la campagne de l’ail nouveau auprès de nos acheteurs et de montrer que la dynamique de notre collectif était bel et bien lancée ! », note Stéphane Massonnet. « Nous avons invité nos acheteurs, les élus et bien évidemment le grand public. André Bernard, président de la Chambre d’agriculture, était présent et a salué le travail déjà réalisé. À l’avenir, la Chambre pourrait nous soutenir dans le montage du dossier », précise pour sa part Olivier Surles. Également présents, tous les maires des communes concernées, Bénédicte Martin, pour la Région, et Christian Mounier, pour le Département, qui voit dans cette IGP à venir une nouvelle opportunité pour le Vaucluse. « Nous étions d’ailleurs présents à Terroirs en fête, à Châteauneuf-de-Gadagne », note le conseilleur municipal. « Entrer pour nous dans la démarche ‘Savourez le Vaucluse’ est encore prématuré, nous voulons d’abord construire notre propre identité et obtenir notre IGP », poursuit Stéphane Massonnet. L’objectif est de poursuivre la tenue de cet événement qui lance la saison de l’ail, en conservant a priori la date du 2e samedi du mois de juin.

Céline Zambujo


Six mois après sa création, l’APA propose déjà un packaging commun avec un logo. ©APA

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