Nitrates : l’assainissement individuel pointé du doigt

Publié le 20 janvier 2017

André Bernard, président de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, a présenté ses voeux à la presse lundi dernier. L’occasion de faire le point sur les dossiers stratégiques de l’année.©MS

En ce début d’année, les services de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, épaulés de la DDT841, se mobilisent dans le cadre de la révision des communes classées en zones vulnérables nitrates. Ils pointent notamment du doigt la source des pollutions potentielles, dues selon eux, plus aux réseaux d’assainissement individuels défaillants qu’à l’activité agricole.

« Nous sommes dans la 3e ère de la révolution agricole : après la traction animale, la traction mécanique, aujourd’hui, nous sommes en plein dans l’ère numérique et robotique », lance en préambule, André Bernard, président de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, lors de la présentation de ses vœux à la presse. Mais si le département a été plutôt épargné par une campagne 2016 catastrophique dans le reste de l’Hexagone pour les céréales, le lait et la viande, il reste face à de nombreuses difficultés. « En septembre, seront dessinées les grandes orientations de la Pac. Mais aujourd’hui les grandes problématiques européennes sont : le Brexit, les migrants et le réchauffement climatique. Il faut arriver à glisser au milieu les problématiques agricoles. »

La balle dans le camp de la Dreal.

Conformément à la directive nitrates européenne, la révision des zones vulnérables prévue tous les 4 ans est en cours sur l’ensemble du territoire national. Doivent être désignées comme vulnérables, toutes les zones où les eaux sont susceptibles d’être polluées par les nitrates d’origine agricole. « On ne peut pas toujours tout imputer à l’agriculture. Les problèmes de nitrates dans les nappes sont surtout liés à un mauvais fonctionnement des réseaux d’assainissement individuels. Sur 4 communes du périmètre proposé par l’Etat, qui comportent 3100 points d’assainissement non collectifs, 2400 ont été contrôlés : 800 sont conformes, 800 sont non conformes et 800 sont non conformes avec risque. L’habitat diffus a un fort impact dans notre département. Nous avons donc renvoyé la balle dans le camp de la Dreal2. » En effet, le classement en zone vulnérable aux nitrates n’induit des contraintes réglementaires que pour les agriculteurs. La Chambre d’agriculture de Vaucluse, épaulée par la DDT84, a donc bâti un dossier très argumenté pour établir, commune par commune, d’une part si la pollution est avérée, et d’autre part, si elle est potentiellement d’origine agricole.
Parmi les autres thèmes abordés lors de cette conférence de presse : la création prochaines des premiers distributeurs automatiques de produits agricoles (voir les pages 6&7 de cette édition). Enfin, le président, André Bernard a donné rendez-vous aux nombreux journalistes présents le 28 février, pour l’inauguration du stand régional Paca au SIA et de l’espace réservé au département de Vaucluse.

Magali Sagnes

1Direction départementale des Territoires de Vaucluse

2 Direction Régionale Environnement Aménagement Logement


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