MIN de Châteaurenard : Un ‘cluster’ pour intégrer le milieu économique

Publié le 09 août 2018

Denis Garcin, directeur général des Transports Mesguen à l’occasion de la rencontre entre les membres du cluster et le Préfet de région le 20 juillet à Châteaurenard.

Alors que les soutiens pour faire avancer le projet du MIN de Provence s’affichent, sur le terrain les acteurs économiques ont aussi pris les choses en main.

Le 20 juillet, le préfet de région, Pierre Dartout, et le PDG du MIN de Rungis, Stéphane Layani, ont tenu à afficher en personne sur le carreau tout leur soutien dans le projet. Si pour beaucoup, tout ne va pas aussi vite qu’espéré, en coulisse on s’active pourtant. Ces derniers mois, le conseil d'administration du MIN de Châteaurenard et les élus de ‘Terre de Provence Agglomération’ qui portent le dossier ont poursuivi le travail préalable à l’émergence du nouveau cœur de MIN, du pôle logistique et du pôle bio. Les acquisitions foncières se sont notamment accélérées et Bernard Reynes indiquait son souhait qu’elles soient « complètement finalisées au premier trimestre 2020 ».

Le député soulignait aussi qu’à ce jour, « seuls trois propriétaires fonciers, sur 49, ont refusé d’engager toute discussions ». Concernant l’évaluation des pertes d’exploitations agricoles également réalisée, tous les propriétaires agricoles ont été rencontrés et sont favorables aux propositions d’acquisition qui leur ont été formulées.

Les études sur l’évaluation de tous les enjeux en matière d’environnement, de risques sur l’hydraulique (ruissellement, risque inondation), sur l’écologie (faune/flore) mais aussi l’impact de la desserte et de l’accessibilité du site ont également été lancées.

Le redimensionnement du MIN s’accompagne d’un programme d’aménagements routiers indispensables, et c’est d’ailleurs un des plus gros volets sur lequel planchent les partenaires du projet. Comme l’expliquait le directeur général des services de Terre de Provence, Didier Bonnefoy, « un dossier sur la possibilité de créer un nouvel échangeur sur l’A7 entre Bonpas et Cavaillon est en cours et la réalisation de la plateforme multimodale  de Courtine est aussi à l’étude ».

Sur tous ces sujets épineux, les services de l’État ont d’ailleurs été sollicités et lors de sa visite, le préfet Dartout a indiqué sa volonté de « trouver avec les porteurs du projet et les acteurs concernés rapidement des solutions ».

La vitrine du projet.

D’un autre côté, pour apporter une vision professionnelle et économique au projet de développement du Grand Marché de Provence, un cluster a été mis en place au printemps dernier. C’est une association qui représentent les acteurs économiques du territoire au sein de sept collèges (production, négoce, distribution, transport et logistique, industrie agroalimentaire, institutionnel). Une quinzaine d’entreprises, dont certaines qui génèrent un chiffre d’affaires de plusieurs millions d’euros, l’ont déjà intégré. « L’association qui est ouverte aux adhésions travaille et co-construit le futur outil afin qu’il corresponde aux attentes de tous ses utilisateurs », explique le directeur du MIN, Jérémie Becciu.

L’ensemble des métiers autour du marché de Châteaurenard sont ainsi associés à la conception du projet. Le cluster se charge de recevoir et d’évaluer par exemple les objectifs et de vérifier la philosophie des entreprises qui souhaitent s’implanter sur le MIN au travers de critères en termes de RSE, d’approvisionnement local, de circuits courts, etc. La structure se veut aussi la vitrine économique du futur MIN de Provence. Présidé par Bernard Reynes, le cluster sera notamment présent dans les salons du secteur comme le Sirha de Lyon ou Fruit Logistica de Berlin.

Le cluster travaille aussi régulièrement sur différentes thématiques. « Plusieurs réunions de travail se sont par exemple tenues sur le pôle logistique, le pôle transformation bio, sur les critères d’implantation des entreprises, sur l’organisation des salons, l’innovation sur l’emploi et la formation, le tourisme professionnel, le numérique, la market place ou encore la restauration collective », rapporte le directeur du MIN. Aucune question ou préoccupations n’est occultée et tous les acteurs ont l’occasion d’exprimer leurs attentes. Les transports Mesguen sont avec la société Biocoop les premiers investisseurs du pôle agroalimentaire et en septembre l’entreprise doit emménager dans le pôle transporteurs de la zone des Iscles une nouvelle plateforme de 8000 Mm² d’entrepôts frigos dédiés aux fruits et légumes.

Comme l’expliquait Denis Garcin, directeur général, une des principales préoccupations de l’entreprise concerne « les infrastructures, les aménagements routiers et ferroviaires qui pourront assurer les flux et desservir le MIN ». Du côté des producteurs, André Boulard le président du collège production lors de la rencontre avec le Préfet et les membres du cluster insistait sur la nécessité pour les producteurs de conserver la maitrise du développement du MIN. « Il est indispensable que les entreprises importatrices qui s’implantent puissent s’insérer dans le cadre d’une charte qui pose un certain nombre d’orientations au profit de la valorisation de l’agriculture locale. » Un point évidemment essentiel pour la profession et sur lequel travaille aussi le Cluster.

Emmanuel Delarue


OPA - Serv. publicsChâteaurenard Min cluster