La Tapy, future unité autonome du CTIFL

Publié le 24 mai 2018

Avant l’AG, René Reynard a présenté à Christian Mounier, vice-président du Conseil départemental, et Sarah Moyse, nouvelle directrice du CTIFL de Balandran, la parcelle protégée par un filet inscet-proof en mono-parcelle également équipé d’une bâche

Malgré un fort renouvellement de l’équipe technique en 2017, l’horizon semble s’éclaircir pour la Sica La Tapy avec de nouvelles arrivées dans l’équipe technique, un rapprochement en vue avec le CTIFL et des comptes à l’équilibre pour 2017 et 2018.

L’horizon s’éclaircit et les trouées de soleil pointent leur nez sur l’avenir de la Sica La Tapy. « 2017 est encore une année où le domaine expérimental a connu de nombreux bouleversements, mais la fin d’année se termine de façon plutôt optimiste avec un bilan financier équilibré pour 2017 et 2018, grâce au crédit impôt recherche, et une équipe technique renouvelée », commentait d’ailleurs lundi soir le président du domaine expérimental, Gérard Roche, lors de l’assemblée générale de la structure. En effet, de nombreux départs ont marqué le dernier exercice, dont celui du directeur en juin dernier, mais les remous semblent se stabiliser avec l’arrivée de Louise Rubio, en tant que chargée d’expérimentation du programme cerise, et d’Olivier Simler, côté protection des cultures. Ils arrivent après Claire Magron – embauchée au début de l’année en tant que secrétaire de direction, en remplacement de Marie-Pierre Reynard – en attendant un dernier recrutement en cours, celui d’un chargé expérimentation ‘raisin de table’. Ce recrutement est mené conjointement avec le CTIFL, comme l’a confirmé lors de l’AG son directeur général délégué, Ludovic Guinard, présent avec Sarah Moyse, la nouvelle directrice du centre de Balandran qui remplace Sophie Charmont, partie à la retraite depuis début mai.

Gagner en cohérence.

« Le fait majeur de 2017 pour la Sica est la nouvelle organisation que nous sommes en train de mettre en place avec le CTIFL, validé par le conseil d’administration de La Tapy : nous allons rapprocher les deux structures pour gagner en cohérence, La Tapy devenant à terme une unité autonome, placée sous la direction du CTIFL de Balandran. Les trois commissions techniques – cerise de bouche, cerise d’industrie et raisin de table – sont maintenues et participeront à l’orientation des programmes filières avec le CTIFL », détaillait Gérard Roche, s’adressant ensuite aux financeurs régionaux (Conseil départemental, Conseil régional, FranceAgriMer, Agence de l’Eau notamment) : « La puissance publique doit continuer à nous accompagner et vous (les financeurs, ndlr) devez bien prendre conscience que si l’expérimentation tombe aux mains des privés, les conséquences seront dramatiques pour les filières arboricoles. Nous devons avoir une expérimentation professionnelle la plus large possible, sans quoi nous perdrions en visibilité et les professionnels pourraient s’en trouver pénalisés : il faut maintenir une expérimentation publique forte pour toute la profession », scandait le président de La Tapy.

Un message entendu par Christian Mounier, vice-président du Conseil départemental de Vaucluse, qui a confirmé « le soutien du Conseil départemental pour 2018 », et son engagement (50 000 €) dans le programme de recherche sur les nouvelles variétés résistantes aux maladies, en partenariat avec l’IFV et La Tapy. Les plantations ont d’ailleurs été réalisées jeudi 17 mai, en présence de René Reynard, président de l’AOP ‘raisin de table’ et de Jean-Pierre Van Ruyskensvelde, directeur général de l’IFV.

De son côté, Ludovic Guinard a rappelé que l’enjeu du CTIFL était de « pérenniser l’expérimentation car il était difficile d’avoir une visibilité avec les difficultés de financement ou d’accès aux financements actuelle. Or les investissements inhérents à l’expérimentation sont lourds et les programmes demandent du temps pour aboutir. Pourtant, nous devons maintenir nos compétences et nos outils. Pour y arriver, il faut un rapport direct entre l’unité La Tapy et le CTIFL ; et il faut que les équipes travaillent de façon complémentaire afin notamment, d’avoir accès à des problématiques plus larges comme Drosophila suzukii ou le changement climatique. La puissance publique doit continuer à être présente ».

Transformation juridique de la Sica à venir.

Ce rapprochement entre les deux structures doit passer par une transformation de la structure juridique de la Sica. Mais en attendant, le travail se poursuit, rappelait Gérard Roche : « Nous faisons tout pour être opérationnel pour 2019. D’ici l’été, les commissions techniques doivent se réunir avec les ingénieurs recherche pour définir les programmes prioritaires. Nous devons structurer la demande des professionnels afin d’être prêts à déposer les demandes de dossiers d’aides à l’automne. Certes, nous avons pris du retard sur la transformation juridique car nous avons mis l’accent en priorité sur les recrutements, après les nombreux départs. Mais aujourd’hui, cet aspect est stabilisé et nous allons résolument vers ce rapprochement, acté par tous les acteurs concernés ».

En conclusions, le président a rappelé que l’objectif de La Tapy restait « d’améliorer les conditions techniques d’exploitation : nous travaillons pour la production et nous tentons de trouver des solutions aux problèmes majeurs rencontrés, comme Drosophila suzukii. Mais malgré les aléas des dernières années, nous continuons à travailler pour l’avenir et à nous projeter : c’est dans cet esprit que nous travaillons sur les modes de conduite innovants, sur les variétés résistances, la réduction des intrants avec le projet soutenu par l’Agence de l’eau (lire article ci-contre, ndlr)… C’est le sens du temps et nous allons continuer à le faire », concluait le président, annonçant que de nouveaux projets sur l’agrivoltaïsme et la robotique pourraient voir le jour sur le domaine dans les prochains mois.

Céline Zambujo


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