Irrigation de la vallée du Calavon : L’espoir et l’arrivée de l’eau

Publié le 20 octobre 2017

Devant la sortie du tunnel aménagé côté Bonnieux, de nombreux élus et agriculteurs ont célébré les 30 ans du percement du percement de la galerie du Luberon le 6 octobre 2017.

L’idée de quelques-uns a fait naître un projet et enfin une réalité pour tout un territoire. L’acheminement de l’eau à travers le Luberon a aujourd’hui 30 ans.

Le 6 octobre 1987. Une date majeure que l’on ne peut oublier du côté de la Vallée du Calavon et du Nord Luberon. À l’époque, cela faisait déjà plus de 30 ans que des habitants s’étaient engagés dans un combat pour le maintien de son agriculture et de ses populations. Sans une alimentation en eau sécurisée, la pérennisation et le développement des activités agricoles étaient menacées. Longtemps espérée, l’eau acheminée de la Durance est finalement arrivée ce jour-là. Les aménagements hydrauliques de la Société du Canal de Provence, avec l’ouvrage de la galerie sous le Luberon entre Lauris et Bonnieux ont sauvé la vallée du Calavon. Ces aménagements étaient absolument nécessaires pour le maintien et le développement de l’économie agricole. L’eau dessert et irrigue maintenant depuis 30 ans quelques 14 000 hectares de cultures agricoles.

La galerie de Bonnieux a fêté cet anniversaire le 6 octobre 2017. Les représentants de l’État, de la Région, du Département de Vaucluse, du Parc du Luberon, de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, de la SCP, de nombreux élus et agriculteurs ont tenu à marquer l’évènement.

Tous ont rappelé que l’aménagement du Calavon-Sud Luberon constituait aussi une belle illustration de la solidarité hydraulique entre territoires pour le partage de l’eau et sa gestion économe. Avec les effets attendus du changement climatique, cette solidarité entre usages et entre territoires est plus que jamais nécessaire dans la région.

« Pour la survie du pays ».

Témoin et acteur de ce combat pour l’accès à l’eau, avec quelques autres, l’agriculteur Rolland Chauvin a partagé quelques anecdotes. Notamment cette ‘fameuse opération coup de pioche’, un certain 27 mai 1984. Mais il garde le souvenir qu’au final : « C’est la tenacité de quelques paysans au départ, puis l’implication de ceux qui sont devenus des partenaires, qui a permis la survie du pays ». De plus jeunes, comme Joël Bouscarle, ont exprimé leur profonde reconnaissance à l’égard des anciens et expliqué combien l’eau était pour eux « une nécessité pour permettre de sauvegarder et de développer une agriculture de qualité, de diversifier les productions et d’évoluer vers des pratiques agro-environnementales ». Vice-présidente du Conseil départemental de Vaucluse, Dominique Santoni rappelait pour sa part que « le Conseil général était, il y a 30 ans, au rendez-vous de l’histoire de notre pays pour soutenir ce projet et que le Conseil départemental avec tous les acteurs associés, saura toujours répondre présent sur ces sujets essentiels ».

Pour sécuriser les productions.

Cet aménagement hydro-agricole entrepris par la SCP à partir de la fin des années 80 a permis de répondre au mieux aux besoins des agriculteurs de ce territoire. D’autres aménagements adaptés aux enjeux locaux, ont depuis été mis en place, « mais ils ne sont pas terminés et la SCP s’est engagée à le poursuivre avec un programme d’investissement de 40 millions d’euros à réaliser sur dix ans », assurait Philippe Vitel président de la SCP.

Pour sécuriser leurs productions, en rendement mais surtout en qualité, les attentes des agriculteurs sont fortes vis-à-vis de l’irrigation. De nouveaux aménagements sont très attendus sur les territoires agricoles du Vaucluse non encore desservis. Certains pourront l’être à partir de l’extension des réseaux existants. Mais d’autres, plus éloignés ou enclavés, ne pourront pas l’être pour des raisons techniques ou économiques. « La SCP est sollicitée sur ces secteurs pour imaginer et mettre en œuvre des solutions innovantes répondant aux besoins locaux », commentait le président.  Le 6 octobre 1987 marque une vraie page de l’histoire de l’agriculture vauclusienne. En matière de mobilisation et de gestion économe de la ressource, elle en appelle d’autres, elles aussi évidemment très attendues.

Emmanuel Delarue


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