France Amande : Prête à démarrer !

Publié le 02 août 2018

Quelques 300 hectares nouveaux ont déjà été plantés en Provence, et des projets de plantation sont planifiés d’ici la fin de l’année.

La filière de l’amande en Provence tient son interprofession pour structurer les différents maillons de la chaine de valeur, confronter besoins et attentes et générer de la valeur ajoutée pour tous.

L’amande de Provence n’en finit plus de fédérer les énergies comme les initiatives. La dernière étape en date est la présentation du projet de filière devant le Comité de pilotage de l’Opération d’intérêt régional ‘Naturalité’ (OIR). Jugé structurant, il bénéficiait déjà depuis le début de l’année d’un accompagnement technique et financier de la Région Sud Provence Alpes Côte d’Azur. Le 5 juillet dernier, financeurs publics et privés se sont retrouvés autour de la table du comité des financeurs de l’OIR. Au sortir de ce rendez-vous attendu, André Pinatel, représentant de la Chambre régionale d’agriculture et président du Syndicat de l’amande de Provence, expliquait « qu’une feuille de route pour le développement de la filière amande, à 5 ans, accompagnée d’un plan de financement a été validée par la Région. Toute la réflexion et le travail engagé pour la relance de l’amande en Provence passe aujourd’hui par la création d’une interprofession ».

Entourés de représentants de la production, de transformateurs et des partenaires clés du projet, Laurent Belorgey, vice-président du syndicat des producteurs d’amande de Provence, a pu présenter les contours et les enjeux de cette future association française interprofessionnelle de l’amande. « L’idée est de lancer une structure interprofessionnelle ouverte avec l’objectif que tous les acteurs de la filière puissent y adhérer. Les producteurs, le syndicat des producteurs d’amandes de Provence, Coopfruit Luberon, mais aussi la première transformation et la deuxième transformation pour l’agroalimentaire et la cosmétique pourront l’intégrer, comme la production de plants. »

Cette instance déjà baptisée ‘France Amande’ aura pour mission de favoriser le dialogue, de mettre en phase l’offre et la demande et d’anticiper ce qui peut être produit, transformé et commercialisé dans l’objectif d’assurer tous les débouchés de l’amande de Provence. « L’objectif sera aussi, dès que possible, de communiquer et de promouvoir l’amande de Provence. ». L’interprofession ambitionne déjà de créer également un signe de qualité. Mais dans ce domaine tout reste à faire puisque la filière veut se doter d’une interprofession à vocation nationale.

Co-pilotage d’un comité scientifique.

‘France Amande’ représentera donc la filière auprès des décideurs publics ; elle sera chargée d’aller chercher des financements pour son fonctionnement et la vie de la filière. Enfin, concernant la coordination de l’immense travail à entreprendre sur les aspects recherche-expérimentation comme en matière de conseil technique, « un comité scientifique co-piloté avec la Compagnie des amandes1, en partenariat avec l’Inra, sera mis en place, afin de répondre notamment à la problématique Eurythoma ainsi qu’à la demande sur le bio », précise Laurent Belorgey.

La Région, qui soutient le fonctionnement des interprofessions sur des programmes d’actions, sera donc très prochainement sollicitée par ‘France Amande’. Une fois officiellement constituée, elle devrait déposer un programme pour 2019. En parallèle, elle se tournera vers d’autres sources de financement pour porter ses programmes de recherche et d’expérimentation, estimés aujourd’hui à près 1,4 million d’euros sur 5 ans.

En sa qualité d’interprofession, l’enjeu pour ‘France Amande’ sera de structurer les différents maillons de la chaîne de valeur, pour confronter besoins et attentes, et générer de la valeur ajoutée pour l’ensemble de la filière.

Lors de la première rencontre entre futurs adhérents de l’interprofession, tous se sont accordés à estimer que le projet amande sur la région devrait générer autour de 40 millions d’euros d’investissements (hors foncier) et de fonctionnement sur les 5 ans à venir. Outre les hectares à planter, il s’agit aussi de rendre les vergers compétitifs et d’accompagner la production sur des problématiques spécifiques. Un rôle clé sur lequel la future interprofession sera attendue au tournant, par les producteurs notamment.

Plus gros producteur français, Jean-Pierre Jaubert, basé dans les Alpes de Haute Provence, tient à s’associer au projet mais son « principal souci reste aujourd’hui l’amélioration de la productivité du verger pour passer de 700 kg/ha à 1000 kg/ha ». Il attend aussi « que les futures plantations ne déstabilisent pas les prix ». Mais c’est tout l’enjeu de l’interprofession, à savoir « établir le bon prix au départ, et de contractualiser avec les producteurs sur la base d’engagements pluriannuels », indique Laure Pierrisnard. La directrice générale de la Confiserie du Roy René, qui représente aussi l’union des fabricants de calisson d’Aix, est convaincue que l’interprofession pourra valoriser 100% de la récolte des amandiculteurs de Provence. « Il existe une vrai complémentarité entre industriels dans la filière. On ne valorise pas forcément les mêmes produits issus de la récolte de l’amande (amande entière, calibrée ou pas, écarts de tri pour l’huile, etc.) et l’interprofession va s’appuyer sur cette notion de groupe et de travail collectif. »

« Générer et capter des volumes ».

Pour François Moulias directeur général de la Compagnie des Amandes, le projet privé qu’il représente (plantation, production et première transformation de 2000 ha d’amandiers sur tout le bassin Provence Occitanie et Corse) se fera « dans une étroite collaboration avec le syndicat des producteurs d’amande et avec l’interprofession ».

Pour le confiseur François Doucet, également partie prenante, « le projet de filière est une solution pour générer et capter des volumes, tout en trouvant le juste prix et l’équilibre entre une amande française de qualité, qui permette de faire vivre toute une filière, mais aussi qui réponde aux exigences des consommateurs au bout de la chaîne ».

La force du groupe est donc bien ce sur quoi misent tous ceux qui intègreront l’interprofession. Avec ‘France Amande’, c’est donc bien parti pour la filière de l’amande provençale et française, même si rien n’est encore fait ! L’assemblée constitutive de l’interprofession devrait se tenir dans les prochains mois, cependant le maillage de tous les acteurs semble prendre le bon chemin.

Emmanuel Delarue


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