Fraise de Carpentras : Des atouts à faire fructifier

Publié le 09 octobre 2018

La production 2018, en Vaucluse, de fraises de Carpentras est évaluée à 5900 tonnes sur 160 hectares, des données comparables à 2017.

Vingt ans que la confrérie de la fraise de Carpentras existe, et deux ans qu’est née la marque ‘Fraise de Carpentras’. Lundi matin, la confrérie et la Chambre d’agriculture de Vaucluse ont tiré un bilan de l'année écoulée et tracé les prévisions 2019.

« La ‘Fraise de Carpentras’ est une vraie filière dynamique, composé d’experts, qui porte le département. Mieux, elle a été rejointe par beaucoup de jeunes, entre 30 et 40 ans. Aujourd’hui, ce secteur économique se porte plutôt bien » assure Georgia Lambertin, vice-présidente de la CA 84 à l’occasion de la rencontre organisée à la Chambre d’agriculture de Vaucluse. En effet, sous la présidence de Dominique Begnis, et en partenariat avec la Chambre d’agriculture de Vaucluse, la Confrérie de la ‘Fraise de Carpentras’ présentait, le 24 septembre à Avignon, un point sur le travail effectué par le chargé de mission engagé depuis juin dernier par la Chambre.

« La Chambre d’agriculture est pleinement investie pour accompagner les 130 producteurs de fraise du département. Nous travaillons à être le garant de leurs revenus car cette production est un fer de lance important pour le Vaucluse », poursuivait Georgia Lambertin. Il faut dire que le Vaucluse est le troisième département producteur de fraises sur le plan national, derrière le Lot-et-Garonne et la Dordogne. La France se classe elle-même en 6e position des pays producteurs en Europe, l’Espagne en tête. Côté importations, les derniers chiffres sont en nette baisse avec 53 000 tonnes de fraises, principalement espagnoles, importées sur les sept premiers mois de l’année, contre 65 400 t sur la même période en 2016.

Faire reconnaître et protéger.

Antoine Thersiquel, étudiant en 5e année de l’école d’ingénieurs en agriculture de Purpan, a mené des enquêtes de terrain afin de dresser un premier panorama de la filière vauclusienne. Ce chargé de mission par la CA84 pour la ‘Fraise de Carpentras’ a interrogé une quarantaine d’exploitants, de profils variés depuis juin dernier. « Nous travaillons sur une démarche de valorisation de la fraise de Carpentras depuis trois ans, avec la rédaction d’un cahier des charges, dans le but de protéger les producteurs issus de notre territoire », annoncent Yvette Guiou, première adjointe, et Mme Vallet, directrice des affaires juridiques de la ville de Carpentras. Actuellement, la valorisation se situe autour de 1,5 €/kg de plus que la fraise française standard. « Aujourd’hui, on œuvre à la notoriété de cette fraise », précise Christian Mounier, président de la commission ‘agricole’ du Conseil départemental. « On sait produire, mais pas se vendre. Il faut reconnaître les richesses de notre département, comme avec le ‘Melon de Cavaillon’. Il faut l’ancrer, la faire reconnaître et la protéger. »

Garantir les revenus à venir.

Chaque mois, les producteurs se mettent autour de la table avec tous les acteurs de la filière fraise, pépiniéristes, expéditeurs, fabricants d’emballage, confrérie et le soutien de la CA 84. Ce dialogue devrait permettre d’organiser la filière dès la prochaine saison 2019. « À la confrérie, on est tous des bénévoles », rappelle Dominique Begnis. « Ce n’est pas possible de continuer avec une structure associative ». Autrement dit, c’est le moment de passer à la vitesse supérieure !

Les pistes à l’étude sont une labellisation, une meilleure organisation de la filière et un travail de communication. « Ces axes peuvent être complémentaires, dans leur action et dans le temps, car l’accès à l’IGP est à considérer sur du plus long terme, tandis que miser sur une communication de marque est accessible à court terme » observe Antoine Thersiquel. « La marque ‘Fraise de Carpentras’ est une piste importante », estime Olivier Gauer. « On peut développer toute une politique commerciale avec des critères de qualité dans le cahier des charges. Pour garantir une qualité, il faudra des moyens pour la contrôler. Donc, il est temps pour les producteurs et expéditeurs d’imaginer une structuration pour déployer ces moyens. Rendez-vous est donné en décembre, où un nouveau point d’avancement sera fait, on y verra plus clair sur la façon d’avancer. »

Cécile Poulain


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