Films plastiques agricoles : ‘Cleanfilm’ pour créer une unité industrielle dans le Sud de la France

Publié le 04 février 2019

Dans l'état actuel des techniques, les films de paillage ne peuvent pas être valorisés énergétiquement, en Combustible solide de récupération (CSR) ou par incinération.

Adivalor et le Comité français des plastiques en agriculture se mobilisent pour valoriser d’ici 3 ans 100% des films agricoles usagers. Un appel à manifestation d’intérêt est lancé dans ce sens.

D’après Adivalor, 15 000 tonnes de films agricoles de paillage très souillés (taux de souillure compris entre 50% et 90%) sont collectées chaque année en France. Ces films agricoles sont translucides ou colorés, composés à 100% de polyéthylène basse densité (PEBD). Mais la crise mondiale du recyclage – qui affecte en particulier ces films à base de PEDB – a sévèrement impacté le recyclage des films agricoles, notamment les films de paillage utilisés en maraîchage, les plus souillés1. En effet, alors que plus de 95% de ces films très souillés étaient encore recyclés en 2016, la quasi-totalité a dû être éliminée en centre d'enfouissement en 2018, faute de capacité de recyclage disponible.

Dans l'état actuel des techniques, les films de paillage ne peuvent pas être valorisés énergétiquement – en Combustible solide de récupération (CSR) ou par incinération – du fait d'un taux de souillure et d'un taux d'humidité trop élevés. Car le recyclage des films très souillés requiert un procédé de nettoyage poussé par rapport aux autres catégories de films plastiques usagés. De plus, le nombre d’installations et les capacités disponibles sont actuellement insuffisantes en France. Pourtant, les capacités de recyclage de films plastiques faiblement souillés devront augmenter significativement en Europe, pour répondre aux objectifs des politiques publiques visant un taux de valorisation de 100% des déchets plastiques.

Plan de redressement lancé.

Dans cet objectif, Adivalor et le Comité français des plastiques en agriculture (CPA) ont mis en place un plan de redressement, avec l'appui des pouvoirs publics, qui a pour objectif de valoriser de nouveau, d'ici 3 ans 100% ces films agricoles usagés. Les actions engagées visent notamment :

  • à réduire le taux de souillure au champ avec de nouveaux matériels de dépose (technologie RAFU) et par une opération de pré traitement en conditions industrielles ;
  • à développer l'utilisation des films biodégradables  en remplacement des films conventionnels ;
  • à disposer de capacités industrielles de prétraitement (broyage, nettoyage) des films de paillage, qui permettront d'obtenir un déchet plastique propre, facilement recyclable.

C'est l'objet de l'Appel à manifestions d'intérêt (Ami) ‘Cleanfilm’, qui vise à créer une unité industrielle de pré traitement (broyage nettoyage) de films plastiques souillés dans le Sud de la France, d’une surface totale de ± 15 000 m² et d’une capacité d’environ 10 000 tonnes entrantes par an.

Son exploitation sera confiée en priorité à une entreprise déjà exploitante d’installations classées pour l’environnement, de préférence dédiée à la collecte ou au traitement des déchets non dangereux. Compte tenu de la localisation des films usagés à collecter, l’installation sera localisée dans les régions Occitanie, Paca ou dans la moitié Sud de la région Nouvelle Aquitaine.

Adivalor soutiendra ce projet en s’engageant par contrat à assurer l’approvisionnement de l’unité, à rémunérer la prestation de nettoyage sur la base d’un cout forfaitaire à la tonne entrante, et à apporter un soutien technique à la commercialisation du produit fini.

Le descriptif détaillé de l'AMI est à retirer auprès d’Adivalor et les candidatures devront être déposées avant le 30 mars 2019.

Contact : Florian Catania, chef de projet ‘Développement et recyclage’, Adivalor, tél. : 06 13 04 15 56, f.catania@adivalor.fr


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