Fibois Paca : Faire émerger une filière bois-forêt durable

Publié le 06 septembre 2018

Le pin d'Alep est une opportunité considérable pour la région Paca.

Pour créer de nouveaux débouchés dans l’utilisation du bois local, la filière régionale se met en ordre de marche.

La région Paca est la 3e en matière de surface boisée. Mais le taux de prélèvement y est aussi un des plus bas, puisqu’à peine 25% de l’accroissement annuel est prélevé. La forêt méditerranéenne veut aujourd’hui renforcer son rôle économique et relancer l’utilisation de sa ressource. Encore fallait-il dynamiser une filière à l’échelle régionale pour assurer sa gestion, son renouvellement et l’utilisation du bois pour approvisionner les acteurs locaux qui le valorisent.

Née en 2015, l’interprofession Fibois Paca n’avait jusque-là pas encore véritablement réussi à insuffler cet élan. « Les changements énergétiques ont fait apparaître de nouvelles demandes. Nous avons aussi, ces deux dernières années, réfléchi aux objectifs, aux axes stratégiques, et aux différents intérêts communs que nous pourrions développer ensemble », explique Antoine Elineau. Le président de l’interprofession estime qu’aujourd’hui, toutes les conditions sont réunies pour redonner tout son potentiel à la forêt.

La filière se réunit.

Organisées par Fibois Paca, les premières rencontres de la filière ont réuni plus de 100 personnes, le 6 juillet dernier, au Centre forestier de la Bastide-des-Jourdans. Des acteurs de l’interprofession, des forestiers jusqu’aux utilisateurs de la ressource, se sont retrouvés pour réaffirmer leur ambition de travailler ensemble à relever plusieurs défis. « Il s’agit de mobiliser les bois issus des forêts de la région, de donner les moyens aux acteurs régionaux de les transformer localement, et d’innover pour leur créer de nouveaux débouchés », résume Antoine Elineau.

Le challenge de l’interprofession est de mettre en commun les connaissances, les capacités, et les possibilités de chacun, pour satisfaire le plus grand nombre de débouchés qui s’inscrivent dans une dimension à la fois économique, mais aussi environnementale et sociale.

« La région Paca était la dernière à ne pas avoir d’interprofession régionale », explique son président et « pour la première fois, toutes les familles ont répondu présentes. Ce qui prouve l’importance et le dynamisme de la filière sur le territoire. C’était aussi l’occasion de montrer à la sphère politique régionale que la forêt bois est un sujet de développement d’activités économiques, non-délocalisables ». La responsabilité de Fibois Paca est d’organiser une approche différente de l’exploitation de la forêt dans la région. Cette production doit répondre aux besoins de tous les acteurs de la filière, du bois d’œuvre jusqu’au bois énergie.

Redonner vie au pin d’Alep.

Le pin d’Alep est l’une des principales essences forestières de la région, capable de fournir une ressource de grande qualité sur le bois d’œuvre. Malgré son potentiel, il reste aujourd’hui très peu valorisé dans les filières de transformations locales. Il a même quasiment disparu. En cause, « la concurrence et la fermeture de scieries notamment, mais certains aspects règlementaires, qui n’étaient jusque-là pas encore normalisés, ont aussi freiné son exploitation. Nous allons progresser là-dessus, pour ancrer le bois dans l’économie générale de la région, en allant sensibiliser et convaincre les maîtres d’œuvre, les architectes, mais aussi les élus locaux, de construire en bois local. D’un autre côté, il n’y a pas non plus de véritable culture du bois de construction dans la région, là aussi, ça va venir », assure Antoine Elineau.

Si aujourd’hui, on veut garantir à un architecte que le bois de pin d’Alep est utilisable, toute une filière est à créer. Des réflexions sont engagées pour sa valorisation depuis quelques années, notamment au sein du syndicat de propriétaires forestiers Fransylva-Paca, et aujourd’hui l’interprofession souhaite avancer vite sur le dossier. « Pour lui redonner vie, il est nécessaire de réfléchir et de travailler tous ensemble aux conditions de mise en place de promotions et de débouchés du pin d’Alep. Pour redonner ses lettres de noblesse à la construction, à la créativité et à l’architecture bois, l’aspect certification doit être aussi, à terme, un outil pour rassembler et mettre en ordre de marche la filière et atteindre nos objectifs », commentait le président de Fibois Paca.

Emmanuel Delarue


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