FFPV : Une marque collective pour mettre en avant l’origine nationale

Publié le 07 novembre 2017

Le 26 octobre, lors de l’assemblée générale, la filière viticole nationale était bien représentée au congrès des pépiniéristes français (©C.Zambujo)

Trois jours de débats intenses et sans langue de bois, près de 300 participants, et pour la première fois la présence de la filière viticole. Ce 15e congrès de la Fédération française de la pépinière viticole, qui se tenait à Carcassonne du 24 au 26 octobre dernier, marque sans contexte un changement de ton des professionnels français, avec en particulier l’annonce de la création, pour 2019, d’une marque collective.

Face à l’augmentation de la pression sanitaire (flavescence dorée, Xylella fastidiosa, maladies du bois…), à la baisse des exportations et l’augmentation des importations, la pépinière viticole française a décidé de frapper un grand coup, en annonçant par la voix de son président, David Amblavert : « la création d’une marque collective nationale basée sur trois piliers : une sélection française, des greffons et des porte-greffes cultivés en France, et des plants produits en France. Nous sommes pour une traçabilité renforcée, la transparence et la mise en avant de notre faire-savoir », lançait-il fièrement le 25 octobre.

Cette marque – présentée lors du congrès 2018 qui se déroulera à Beaune pour une mise en application en 2019 – fera l’objet d’une certification garantie par un organisme de certification externe. Son cahier des charges est en cours de rédaction et son nom reste à définir, mais cette marque impliquera l’ensemble de la filière viticole représentée « au sein d’une gouvernance partagée regroupant les pépiniéristes, les viticulteurs, les pouvoirs publics et les sélectionneurs, avec un pilotage de la marque par les pépiniéristes dans une instance différente de la FFPV » expliquait Marie-Catherine Dufour, de l’IFV, en charge du projet.

« Nous avons fait beaucoup sur la qualité sanitaire, à l’image du travail mené cette année sur la flavescence dorée et la prospection de 100% des vigne-mères à greffons en France. Nous avons désormais une vision nationale et ce travail traduit un engagement sans précédent », rappelait le vauclusien Giovani Varelli, vice-président de la FFPV. « Aucun pays au monde ne s’est inscrit dans une telle démarche », relançait Pierre-Marie Guillaume, directeur des pépinières éponyme et vice-président du Comité international des pépiniéristes (CIP). « Cette nouvelle marque ne fera pas doublon avec la marque Inra/Entav », rappelait le Gardois, Bernard Angelras, président de l’IFV. « Elle est complémentaire et essentielle pour la filière viticole française, à qui il faut apporter une assurance qualitative ». Pour le président du Cniv, Jean-Marie Barrillère, il s’agit là « d’une réponse aux problématiques sanitaires croissantes qui deviennent préoccupantes, avec l’extension de la flavescence dorée et la disparité constatée dans la mise en œuvre des contrôles en Europe ».

100% des vigne-mères de greffons prospectés en 2017.

Car l’ombre de la flavescence dorée a bien plané tout au long de ce congrès. La prospection réalisée en 2017 a permis d’établir une situation précise de la pépinière viticole : « La pression est plus que jamais en augmentation et plus de deux tiers du territoire national se trouve en périmètre de lutte obligatoire », rappelait David Amblevert lors du discours de clôture. Le président n’a d’ailleurs pas manqué d’interpeller la représentante du ministre de l’Agriculture, sur la mise en place de contrôles renforcés sur le matériel végétal importé, et s’est fait écho des craintes de pépiniéristes sur « l’efficacité de certaines molécules insecticides utilisées par la viticulture. Nous sommes face à une maladie de quarantaine. La pépinière viticole demande le retrait des molécules, si elles s’avèrent inefficaces. Il en va de la pérennité de notre parc de vignes-mères », rappelait le président. Il a en outre annoncé que la FFPV étudiait, en concertation avec la DGAL, la possibilité d’une éligibilité au Fond national agricole de mutualisation du risque sanitaire et environnemental (FMSE) : « Ceci permettrait, en cas de mise en quarantaine d’une parcelle clonale, d’être indemnisés sur la perte de récolte ».

Céline Zambujo


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