En direct de nos fermes : C’est dans la boîte !

Publié le 14 avril 2017

Les casiers placés sur le parking de la salle des fêtes de Montfavet à Agroparc ont rencontre tout de suite un grand succès. ©M.Sagnes

Mardi, les agriculteurs de l’association En direct de nos fermes ont inauguré les tout nouveaux casiers installés sur l’Agroparc (sur le parking de la salle polyvalente de Montfavet), qui visent particulièrement les consommateurs urbains, qui pourront acheter des produits en direct des fermes avoisinantes, quelle que soit l’heure... C’est la première fois qu’un collectif d’agriculteurs se forme et s’organise pour alimenter des distributeurs en ville, et pour approvisionner des restaurations collectives à partir d’une plateforme physique.

Sorti de terre, en plein cœur d’Agroparc, le premier cabanon de produits locaux et de qualité, proposé par une association de 12 producteurs vauclusiens, accompagnée par la Chambre d’agriculture de Vaucluse, vient tout juste d’être inauguré. « Avec Bienvenue à la ferme, nous accompagnons la vente directe des produits de Vaucluse. Nous avons mis en place des marchés du soir, des carrés de producteurs. Nous travaillons avec le Conseil départemental sur Agrilocal, pour la fourniture de produits locaux pour la restauration hors domicile. Avec ce projet, les agriculteurs vont toucher d’autres consommateurs modernes, actifs et branchés », estime André Bernard, président de la Chambre d’agriculture de Vaucluse.
Dès à présent, les casiers sont accessibles en libre-service avec règlement par carte bleue, avec déjà une large palette de produits : fruits, légumes, légumes secs, jus de fruit, charcuterie, œufs... Le contenu d’un casier coûte entre 3 et 15 euros. Dans un deuxième temps, un site internet permettra, d’ici fin mai, de passer des commandes à récupérer également dans ces casiers. Pour les approvisionner, les agriculteurs de l’association apportent deux fois par semaine leur production dans une chambre froide du MIN d’Avignon, qui sert également de plateforme pour Agrilocal. Un livreur est en charge de l’approvisionnement deux fois par jour des casiers, avec un objectif de rentabilité qui est « que chaque casier soit vidé au moins une fois par jour, ce qui représente environ 350 euros/jour », explique Julie Vié, trésorière de l’association. Cette dernière fonctionne grâce à un apport initial des associés et par un prélèvement de 20% sur les ventes (15% sur les produits vendus pour la restauration collective, l’autre pan d’activité de l’association). Douze agriculteurs ont rejoint l’association, représentant des exploitations de toutes les tailles, petites à grandes, en agriculture raisonnée ou bio.

2017, année test.

Si l’expérience est concluante, deux autres distributeurs pourront être implantés sur Avignon en 2018 puis 2019. Les emplacements ne sont pas encore déterminés : île Piot, parking des Italiens, gare TGV… « Ces emplacements ont été identifiés après une étude de marché, et je remercie la ville d’Avignon qui nous a permis d’implanter ces casiers sur l’espace public », indique le président de l’association, Michel Tort. Le projet a pu être mené à bien à 80% grâce à des financements européens, accompagnés de financements de la Région et du Département. Il faut compter entre 40 et 50 000 euros pour un distributeur, dont les casiers sont réfrigérés. « Face aux difficultés, il est important que les gens s’organisent autour de projets communs », indique le président du Grand Avignon, Jean-Marie Roubaud, qui souhaite accompagner le développement de l’agriculture périurbaine. Le Grand Avignon a mis à disposition et aménagé l’espace pour l’implantation du premier distributeur. De son côté, Christian Mounier, président de la commission agricole du CD84 salue ce projet qui représente « une des solutions face aux distorsions de prix entre les consommateurs et les producteurs ».

De nouveaux producteurs.

« Le choix d’Agroparc ne s’est pas fait au hasard », souligne Christian Rocci pour la mairie d’Avignon « avec le nombre d’entreprises présentes alentour ». Pour ce qui est de la restauration collective, « lorsqu’Avignon a remis en régie municipale les cantines scolaires, c’était pour améliorer la qualité des repas ». Agrilocal répond à cette attente, Avignon représentant un potentiel de 4500 repas/jour.
Dans les prochaines semaines, des animations seront organisées autour du distributeur d’Agroparc, « par exemple lorsque de nouveaux produits seront disponibles, pour rendre ce lieu un peu moins impersonnel », explique Alexandra Montagard. Dans le point de vente, des photos et de la documentation présentent déjà les différents producteurs. D’autres agriculteurs devraient intégrer l’association. « Ils seront sélectionnés par rapport à la complémentarité de leurs productions par rapport à celles déjà proposées par les membres fondateurs (nouveaux produits, précocité…). La qualité des produits proposés sera un critère de sélection fort, de même que le partage des valeurs du groupe déjà en place : esprit d’équipe, implication de chacun à la réussite du projet, transparence… », indique l’association.

Magali Sagnes


Mardi, l’association En direct de nos fermes a inauguré ses premiers casiers placés au cœur d’Agroparc. ©M.Sagnes

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