Emploi en agriculture : La reprise se confirme en 2018

Publié le 28 janvier 2019

Une convention de partenariat a été signée en octobre 2018, au salon Med’Agri, entre Pôle-emploi de Vaucluse et l’ADPEA, en faveur des recrutements et de la promotion des métiers de l’agriculture.

La reprise du marché de l’emploi en agriculture et agroalimentaire en Paca était déjà forte en 2016, supérieure à 16%, après une hausse amorcée en 2015. Mais cette tendance s’est encore accélérée en 2017, avec des demandes de plus en plus importantes pour les cultures spécialisées.

« Le secteur agricole représente 29% de l’emploi en Vaucluse. Le poids du secteur primaire est donc considérable. Les projets de recrutement sont en forte hausse, de 17%, par rapport à l’an passé avec 10 100 projets en agriculture et agro-alimentaire. Près d’une entreprise sur trois interrogées envisageait d’embaucher en 20181 », explique Pierric Ouvrard, directeur territorial Pôle Emploi Vaucluse section ‘agriculture agroalimentaire’, également correspondant de l’opération d’intérêt régional1 sur la filière agriculture ‘Naturalité’2. Dans le détail, les viticulteurs, arboriculteurs salariés et cueilleurs arrivent en tête des métiers les plus demandés en Vaucluse, essentiellement dans le Nord et l’Est du département. Puis ce sont les agriculteurs salariés et ouvriers agricoles.

L’observatoire régional des métiers révèle qu’il n’existe pas de tension structurelle sur les métiers de la filière agricole au niveau de la région. « En revanche, sur le Vaucluse, l’effet saisonnalité est très marqué », remarque Ghyslaine Siino-Gonnet à la direction territoriale de Pôle Emploi. « Ce sont surtout des emplois de moins de 6 mois, donc non pérennes ». L’agriculture recrute essentiellement sur trois secteurs : vigne et vin, arboriculture et travail agricole classique.

L’anglais demandé

En Vaucluse, les saisonniers sont recherchés pour la taille des vignes, le travail d’ouvrier en pépinière viticole, en particulier « dans la zone entre Carpentras et Orange, pour la cueillette et la taille des fruitiers… Des difficultés de recrutement existent actuellement pour les postes de tractoristes, mécaniciens, dans le génie agricole d’une manière générale. La vente au caveau également recherche des candidats capables de s’exprimer en anglais, ayant une connaissance de la typologie des vins. En foresterie, le secteur recherche des élagueurs, conducteurs de travaux, techniciens bac +2 à bac +5 », poursuit Pierric Ouvrard. Dans la filière vigne et vin, au niveau national, les formations supérieures sont les plus sollicitées, et notamment, les titulaires d’un bac +2 (54%). En revanche, 29% des postes diffusés ne nécessitent pas de formation particulière.3

« Nous avons rencontré les nombreux acteurs avec qui nous souhaitons travailler, comme Agroparc, Terralia… afin d’anticiper les besoins. C’est aussi dans ce contexte que nous avons signé une convention de partenariat avec l’ADPEA. »

Mais en ces temps d’orientation dans les écoles, le directeur conseille aux jeunes de tenter l’aventure agricole : « Essayez ! Allez expérimenter, découvrez plein de secteurs d’activité, afin de déterminer dans lequel vous vous plaisez le plus », note-t-il, conscient également du rôle que doit jouer Pôle Emploi vis-à-vis des demandeurs, actuels ou à venir. « C’est aussi à nous de parler positivement de l’agriculture. Pour cela, nous faisons témoigner des chefs d’entreprise, nous partons filmer sur place, pour pouvoir montrer en quoi consiste le travail, dans les pépinières sous serres ‘dernière génération’. Il est important d’informer les publics pour changer l’image des métiers, souvent faite de clichés. Car, aujourd’hui, on peut faire carrière dans l’agriculture, jusqu’à un poste de cadre supérieur. La filière s’est structurée. »

Par ailleurs, le diplôme ne fait pas tout. « Six employeurs sur dix estiment que les compétences comportementales sont plus importantes que les compétences techniques ». Selon Frédéric Lainé, de la direction des statistiques des études et de l’évaluation, « la capacité à travailler en équipe, le fait d’être autonome et de respecter les règles et consignes sont jugées indispensables par la quasi-totalité des employeurs ».

Cécile Poulain

(1) Enquête Besoins de Main d’Œuvre 2018, réalisée au 4e trimestre 2017, auprès de 4700 établissements en Vaucluse. (2) Les Opérations d'intérêt régional (OIR) sont un pilier de la nouvelle stratégie économique de la région, pour créer de la croissance, de l'emploi et renforcer l'attractivité du territoire. Chaque OIR, spécialisée dans une filière, est co-pilotée par un élu et un industriel.

OPA - Serv. publicsEmploi agriculture diplôme saisonnier