Elevage : de l’espoir dans un nuage d’incertitudes

Publié le 07 avril 2017

Au cœur du nuage d’incertitudes : les aides 2015 ne sont toujours pas intégralement réglées, la révision des zones défavorisées… Seule certitude, le loup est toujours là, il a frappé le 21 mars sur le Ventoux. © MS

L’assemblée générale de la Fédération départementale ovine de Vaucluse a eu lieu ce jeudi 23 mars à Caseneuve, l’occasion pour les éleveurs d’exprimer leur colère quant aux retards accumulés sur les différentes aides de la PAC. L’élevage vauclusien s’en serait bien passé de ces tracasseries administratives alors que de nombreux autres dossiers doivent aussi être gérés.

Jeudi 23 mars, à la salle culturelle de Caseneuve, les éleveurs ovins de la Fédération Départementale tenaient leur assemblée générale annuelle, pour faire le bilan de leur activité 2016, mais bien vite l’actualité a pris le dessus sur la présentation de la partie statutaire. Il faut reconnaître que les motifs de colère sont nombreux à l’encontre de l’Etat.
Dans la salle, un éleveur exprime son désarroi : « Nous sommes en 2017 et de nombreux éleveurs comme moi n’ont toujours pas reçu leurs aides MAEC 2015, ainsi que leurs mesures loups, alors que d’importants frais ont été engagés. Ce n’est plus tenable ». Marion Vinai, juriste en charge du dossier PAC à la FDSEA tente d’éclairer l’assemblée sur le calendrier de paiement et d’instruction des dossiers. La complexité est grande, car la campagne PAC 2017 démarre le 1er avril, alors que les aides 2015 ne sont pas finies d’être payées et que l’instruction des dossiers 2016 est en cours. « Les éleveurs du Vaucluse peuvent compter sur l’accompagnement du service PAC de la FDSEA. Nous pouvons vous aider à faire votre déclaration 2017 et à mieux comprendre l’état d’avancement de vos dossiers », explique Marion Vinai.
Autre source d’inquiétude, la révision des zones défavorisées. En l’état des propositions nationales, 10 communes du Vaucluse sortiraient du classement, soit 100 % de l’actuel zonage. Cette proposition pourrait compromettre le maintien d’une dizaine d’éleveurs, présents sur ces communes, en leur supprimant les aides ICHN correspondantes, mais aussi en réduisant fortement les aides à l’installation. « De nouveaux critères doivent être rapidement trouvés et je regrette le manque de coordination entre la Chambre régionale d’agriculture et nos structures syndicales représentatives de l’élevage. Tous les départements concernés de Paca, mais aussi de l’autre côté du Rhône, doivent se regrouper afin de défendre ensemble une position commune » exhorte Emilien Bonnet, président de la FDO 84.

Une nouvelle attaque de loups en Vaucluse.

Bien que le nombre d’attaques de loups sur le département reste stable, avec seulement 8 attaques en 2016 et 9 brebis tuées comme le précise Jean-Marc Courdier, responsable de l’unité forêts et milieux naturels à la DDT 84, les indices de présence de plusieurs loups, au moins quatre, se multiplient et nécessitent la plus grande vigilance. « Une nouvelle attaque vient de survenir ce mardi sur le Ventoux » signale le représentant de la DDT. La généralisation des mesures de protection dans les élevages situés sur les communes présentes dans la zone loup est une solution, mais qui demeure une contrainte très lourde pour les éleveurs concernés : embauche de bergers, achats de clôtures et de chiens de protection. Pour Dominique Bodon, maire de Malaucène et représentant de l’association des communes pastorales de Paca : « La prédation du loup est un véritable risque pour l’économie de nos petites communes de montagne. Autour des élevages et du pastoralisme, toute une économie et un aménagement du territoire se sont développés. Notre association a pour vocation de fédérer les communes pastorales, afin de trouver des solutions et soutenir les éleveurs ». Aujourd’hui l’association compte 106 communes adhérentes, mais seulement 3 en Vaucluse, regrette Dominique Bodon qui appelle les éleveurs de la FDO à se mobiliser pour faire adhérer leurs maires. Comme le souligne Emilien Bonnet : « Les éleveurs ovins ont besoin du soutien de tous. C’est important que les élus nous soutiennent ». Propos approuvés par Christian Mounier, président de la commission agriculture au Conseil départemental, qui confirme la volonté du Département de poursuivre à soutenir financièrement les actions des éleveurs, malgré les contraintes budgétaires.
Loin de les rassurer sur leur avenir, les éleveurs ovins du Vaucluse repartent de leur assemblée générale réconfortés de ne plus être tous seuls à défendre leur filière et le pastoralisme.

Jean-Louis Blasco, FDO84


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