Domaine de l’Amauve : Les belles syrahs de Séguret

Publié le 20 septembre 2018

Christian Vœux et l’équipe de vendangeurs du domaine de l’Amauve à Séguret.

Soleil et moral au beau fixe au domaine de l’Amauve pour ces vendanges 2018 ! Dans un décor de carte postale, une équipe motivée soigne ses vignes.

« Hier, il y a eu un orage, on a dû stopper le chantier. Mais ce matin, on peut vendanger les syrahs. Elles sont parfaites ! », se réjouit Christian Vœux. Sous un soleil éclatant, devant ses vignes balayées d’un léger mistral, le propriétaire du domaine de l’Amauve, à Séguret, prend un petit moment avant le rush de la journée. Les directives du jour sont donnée et les vendanges battent leur plein au domaine. Pour le vigneron et son équipe de cinq habitués, chaque journée est importante en cette période où ils récoltent le fruit d’une année de labeur. Même si « le plus gros est joué »… car « la qualité se prépare au vignoble » martèle le vigneron.

« Je monte pas mal mes vignes, pour aérer les grappes. Je veux que l’air puisse passer et sécher l’humidité. » C’est un fait, le mistral circule au cœur des ceps ce matin-là, et les grappes sont très saines. Le résultat de nombreuses heures de travail manuel, « pour ébourgeonner précisément et éviter les amas de végétation au cœur des ceps ».

Ce goût pour obtenir des raisins très soignés, cet amour du travail précis, il les a appris à Châteauneuf-du-Pape comme maître de chai du château Mont Redon, durant 24 ans, puis directeur de La Nerthe. Il a également dirigé le Prieuré de Montézargues, à Tavel, et le domaine de la Renjarde à Sérignan-du-Comtat. Depuis 2006, il vinifie exclusivement au domaine de ses parents, à l’Amauve. Et depuis 2017, le domaine est engagé en bio.

Des vignes enherbées.

Sa personnalité se ressent jusque dans la conduite de ses vignes enherbées, un rang sur deux. « La difficulté c’est de maintenir propre sous le rang » reconnait-il d’un air amusé, comme d’une petite manie qu’il s’imposerait. C’est un fait, l’enherbement naturel alterné est un travail contraignant. Mais il a de multiples vertus. Il exerce une concurrence modérée sur l’alimentation minérale et hydrique de la vigne. Il favorise la vie des sols. Enfin, il améliore leur portance. « C’est d’ailleurs grâce à cela qu’on a pu aller traiter dans les vignes dès le lendemain de fortes pluies. Les parcelles ont quand même reçu près de 200 mm d’eau entre fin mai et début juin ! Avec les températures chaudes, c’était idéal pour le développement du mildiou ! Il fallait donc intervenir à des moments précis. » Le domaine a subi quelques attaques de mildiou mais s’en sort relativement bien, avec 10% de pertes.

Le domaine est vieux et très morcelé : 11,5 ha sont répartis en 25 parcelles, exclusivement sur la commune de Séguret. Avec en particularité, la production de 20 à 25% de vin blanc. « J’ai choisi cette forte proportion de blancs, car j’aime beaucoup les vinifications très précises, pour obtenir de jolis arômes et de belles expressions », reconnait Christian Vœux, expliquant patiemment les différents constituants des terroirs du domaine. Le sol provient des alluvions des collines ; ils sont donc très calcaires. Et selon les zones où se situent les parcelles, le terrain comporte plus ou moins d’argile, de marne, de sable ou de cailloutis. C’est d’ailleurs pourquoi il regroupe les raisins provenant de sols semblables pour créer ses cuvées. « Avec toutes ces parcelles différentes, la variété des terroirs permet de vinifier des cuvées plus fruitées, d’autres élevées en fûts, seront plus épicées et complexes. C’est ce qui m’a intéressé : montrer tout ce potentiel sur Séguret ». Le domaine élabore aussi du rosé pour la 2e année. « C’est pour répondre à la demande. Je vends beaucoup à l’export pour un gain de temps. »

« Les contrôles maturité, je les fais depuis le 15 août. Je passe dans chaque parcelle tous les 2 ou 3 jours pour goûter les raisins. J’en prélève aussi pour les analyses classiques de maturité. Je compare ces résultats à ceux des années précédentes. J’en déduis l’évolution probable de la maturation. Je ne veux surtout pas de sur-maturité. Je recherche de belles maturités phénoliques avec une belle acidité naturelle. Pour avoir des vins sur le fruit et la fraîcheur. »

Le raisin est déposé dans de petites bennes élévatrices, jusqu’à une benne dotée d’une vis sans fin dans le fond. Puis, les fruits sont apportés jusqu’à Cairanne, où se situe la cave. La vendange est ensuite déversée directement dans l’égrappoir. Cela évite l’étape du conquet de réception, donc une manipulation qui risque d’oxyder les jus. « À ce jour, les blancs et rosés en cuves présentent un très bon équilibre ! »

Cécile Poulain


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