Compagnie française des amandes de Provence : planter 2000 hectares d’amandiers en Paca, Corse et Occitanie

Publié le 21 mars 2018

François Moulias et Arnaud Montebourg ont détaillé leur projet de création de 2000 ha d’amandiers dans les régions Occitanie, Paca et Corse.ers d’amandiers dans les régions Occitanie, Paca et Corse.

Arnaud Montebourg vient de s’associer à François Moulias pour créer la Compagnie française des amandes de Provence. Son objectif ? Permettre la plantation de 2000 hectares d’amandiers sur le pourtour méditerranéen en apportant les fonds capitalistiques nécessaires aux cinq premières années de production. En contrepartie, l’arboriculteur s’engage à apporter au minimum 20 ha et au moins pour 25 ans. Après la 6e année, il conservera 51% des revenus et en rétrocèdera 49% à la Compagnie des amandes.

« C’est un entrepreneur qui s’adresse à vous, pas un homme politique. » Les premiers mots de Monsieur ‘Made in France’, Arnaud Montebourg, posent clairement la teneur de son intervention, aux côtés de son associé, François Moulias. Les deux hommes viennent de créer la ‘Compagnie des amandes’. Son objectif ? Faciliter la plantation de quelque 2000 hectares d’amandiers dans les prochaines années dans les régions Paca, Corse et Occitanie. « Nous avons fait l’analyse que dans le secteur agricole et alimentaire, notre balance commerciale connaît un laisser-aller important. Ce constat est le même pour la filière amande, alors que la Californie, forte de 365 000 hectares, est un désert en devenir, avec des raréfactions d’eau et des stress hydriques importants que ne pourront plus soutenir les producteurs d’amandes dans le futur. Dans le même temps, l’Australie a planté et multiplié sa surface par dix en dix ans, avec désormais plus de 31 000 hectares de vergers d’amandiers ; l’Espagne aussi a fait des investissements importants même si elle exporte très peu. Face à cela, l’Europe est fortement consommatrice d’amandes et en importe l’équivalent de 3 milliards d’euros par an, principalement de Californie ; et la France, qui en consomme 30 000 tonnes, en produit à peine 1000 tonnes, dont 60% en Corse », résumait Arnaud Monteboug.

Le constat posé par les deux hommes a conduit ces derniers à construire un projet d’investissement privé tourné « vers la renaissance de l’amande, un arbre fort de son histoire et de son avenir ». La rencontre qu’ils ont eue avec le syndicat des producteurs d’amandes de Provence a confirmé l’analyse faite alors : « La filière est bloquée par une barrière financière majeure, car les arboriculteurs n’ont pas de revenu avant cinq ans, avec un cash-flow qui n’arrive qu’en 6e année en moyenne », détaillait l’ancien homme politique. Second constat : « Les savoir-faire sont perdus alors même que ces connaissances sont à remobiliser pour augmenter le niveau de performances agronomiques des vergers d’amandiers. »

40 millions d’euros d’investissements.

Fort de ces constats, Arnaud Montebourg et François Moulias viennent donc de lancer la Compagnie française des amandes de Provence. Sa mission ? Planter 2000 ha de vergers d’amandiers en région Paca, Corse et en Occitanie. « 2000 hectares, c’est 40 millions d’euros d’investissement, soit entre 20 000 et 25 000 euros par hectare pendant 5 ans pour couvrir l’investissement nécessaire à l’installation d’un verger. »

Aujourd’hui, avec le système financier actuel et les plafonds d’endettement, difficile, voire impossible de mobiliser une telle somme seul. « Notre projet, c’est d’être grand pour financer des accords et des co-investissements en portant la dette liée aux investissements et la rémunération des agriculteurs au sein d’une société, tandis que l’agriculteur s’occupe de la culture. En clair, nous apportons le capital de départ et l’agriculteur son travail », détaillait Arnaud Montebourg. « C’est un mariage que nous proposons, un modèle économique performant, pas un projet d’acquisition de terrain, mais un projet de valorisation d’une production et d’une origine. Nous avons passé un accord avec l’Inra qui doit entrer dans notre capital », faciliter le transfert de connaissances et « permettre une mutualisation des apports de la science ».

20 hectares minimum.

« 2000 hectares, c’est environ 70 exploitations, soit 70 unités de rentabilité », poursuivait François Moulias. « À nos yeux, l’amandier ne peut pas être une culture de diversification marginale », relançait Arnaud Montebourg. « C’est pourquoi nous ne recherchons que des projets d’au moins 20 hectares. Si nous parvenons à unir 70 structures, nous serons en mesure de proposer un réseau de commercialisation, d’appui expérimental, le tout réunit au sein d’un lieu capitalistique commun, avec des coûts de production moins élevés. »

Concrètement, un arboriculteur intéressé par le projet (ou plusieurs qui se regroupent pour apporter l’équivalent de 20 hectares minimum de terres) et la Compagnie créent une société d’exploitation et signent un contrat qui correspond à minima à la durée de vie du verger (25 ans minimum). « Dans cette société, nous apportons les financements pour la plantation du verger, l’installation de l’irrigation, bref, l’ensemble des coûts d’installation et de fonctionnement des cinq premières années, soit l’équivalent de 20 000 à 25 000 euros par hectare. À partir de l’entrée en production du verger, l’agriculteur-associé conserve 51% des revenus du verger et nous rembourse 49% ; il reçoit également en plus les revenus locatifs des terres louées à la société », détaille François Moulias.

Céline Zambujo


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