Chasse : Objectif zéro sanglier en plaines

Publié le 14 septembre 2018

Les perdrix rouges, typiques de la

Voilà un objectif commun des chasseurs et des agriculteurs : faire revenir les populations de sangliers à un niveau quasi nul en plaines et coteaux.

En zones cultivées et urbaines, le sanglier est un animal difficile à chasser, sans compter qu’il entraîne un risque élevé de dégâts agricoles et de collisions routières. « Vous risquez d’en croiser sur le rond-point de Réalpanier, la nuit », note Edmond Rolland, président de la Fédération des chasseurs de Vaucluse. Dans ces zones habitées, où ils sont fréquemment observés, l’intervention de la louvetterie reste le dernier recours possible. Ce groupement instauré sous Charlemagne, à l’époque pour combattre les loups, regroupe aujourd’hui une douzaine de louvetiers nommés par le préfet pour intervenir dans ce type de situation difficile.

Un petit regard en arrière sur l’évolution de ces populations est nécessaire. Souvenez-vous, les années 2008 à 2013 – marquées par de très fortes glandées forestières – avaient générées de plus fortes reproductions par abaissement de l’âge de la gestation des femelles. Puis, deux campagnes agricoles très sèches, accompagnées de faibles glandées, avaient permis de faire chuter la reproduction. Mais cette sécheresse avait également engendré une délocalisation des animaux, à la recherche de nourriture, jusque dans les plaines. De fait, ces dernières années, les dégâts se sont élargis du piémont du Ventoux jusqu’aux plaines.

Enfin un coup de frein !

« La population de sangliers prélevés, en hausse ces quatre dernières années, marque enfin un net coup de frein ! » se réjouit Christel Savelli, directrice de la Fédération des chasseurs de Vaucluse. En effet, le nombre de sangliers prélevés est passé de 13 000 individus, en 2016-2017, à 10 700 l’an passé. Ce décrochage de la courbe est encourageant, mais l’idéal serait d’atteindre une population de 4000 à 6000 individus. Cette baisse de prélèvement est liée, d'une part, à une pression de chasse maintenue, et d'autre part, à deux années de sécheresse qui ont impacté les ressources alimentaires et par ricochet, les populations de sangliers.

Les dégâts de la campagne 2017-2018 ont été évalués provisoirement (au 25 juillet 2018) à 170 670 € indemnisés. Ce montant, comprenant le report des années précédentes, a nettement diminué par rapport à 2016-2017. Ces dégâts concernent en grande majorité la vigne (64%), puis le maraîchage (14%), les céréales-protéagineux (10%), les vergers (8%) et les prairies (3%).

Comme le souligne son président, la Fédération des chasseurs du Vaucluse a la volonté « de faire remonter les sangliers en montagne », dans les zones forestières, leur milieu d’origine. Pour cela, elle a investi 30 000 €, grâce au Conseil régional, pour ouvrir les parcelles en friche aux abords des villes et villages de plaine. Concrètement, les chasseurs dégagent une partie de la végétation au moyen de broyeurs forestiers. Cette opération réduit l’habitat des sangliers et favorise en revanche celui du petit gibier. Selon la structure de la parcelle ; cette ouverture se fait de façon alvéolaire, irrégulière, ou en layons, c’est-à-dire par la création de rangs broyés alternant avec des rangs d’arbres d’âge semblable. Ces layons dégagent ainsi de l’espace et favorisent le tir du sanglier.

Dans le même temps, les chasseurs tentent de maintenir les sangliers en montagne et dans les massifs forestiers. Pour cela, ils ont passé cette année des conventions avec 15 communes. Cet accord leur permet de récupérer certains excédents agricoles (melons, courges et courgettes) afin de les apporter à des endroits précis et contrôlés. Cette nourriture constitue un complément hydrique pour les sangliers, les chasseurs espérant ainsi les inciter à rester en zone de montagne, en particulier lors des étés chauds. « Cette mesure fait partie de l’arsenal réglementaire mis en place depuis plusieurs années en Vaucluse. Cela a contribué à réduire la pression des sangliers sur les cultures », estime Edmond Rolland.

11 000 chasseurs attendent avec impatience l’ouverture de la chasse.

Cette année, 11 000 chasseurs sont attendus en Vaucluse. Ils iront pour moitié arpenter les massifs forestiers à la recherche du grand gibier, pour l’autre, fouler les plaines et coteaux, en quête du petit gibier, plus difficile à débusquer. En effet, le grand gibier occupe principalement les trois grands massifs forestiers du département et notamment, du nord au sud : le Mont Ventoux, les monts du Vaucluse et le Lubéron. D’ailleurs, tous les grands ongulés de France chassables y sont présents, signe de diversité écologique.

Les chamois se trouvent en Ventoux et Lubéron, un peu partout dans le Vaucluse dès lors qu’ils trouvent quelques falaises, y compris en zones de plaines. Cette saison, les populations de chamois, cerfs et biches se portent bien. En revanche, seuls neuf mouflons seront attribués à la chasse cette année. Leur population a en effet été décimée par les loups.

Concernant les chevreuils, pour assurer un suivi plus resserré, et améliorer la gestion de cette population, la Fédération de chasse a décidé de revenir à un plan de chasse annuel plutôt que triennal. Ceci est d’autant plus important que les méthodes de comptage traditionnel sont difficiles à appliquer pour cette espèce qui se porte bien. « On encourage les tirs d’été du chevreuil, dès le 1er juin, afin de prévenir les dégâts sur les cultures, » note Edmond Rolland. « Cela permet également de développer la chasse à l’approche », conclut-il.

Cécile Poulain


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