Céréalis : La fusion avec la CAPL entérinée

Publié le 17 décembre 2018

« Donnez vos points de vue, participez à ces commissions qui vont être mises en place au sein de la nouvelle entité ! », lançait Christophe Charvin aux adhérents de Céréalis.

« Ce rapport d’orientation est mon dernier rapport en tant que président, mais également le dernier du conseil d’administration de Céréalis, celui qui entérine l’arrêt de la coopérative », expliquait dans son rapport d’orientation Christophe Charvin, lors de l’assemblée générale extraordinaire de la coopérative, qui se déroulait à Entraigues-sur-Aigues.

L’approbation du traité de fusion de Céréalis par la CAPL a donc été votée lundi soir, à bulletins secrets, à la majorité (20 pour, 2 contre, 1 blanc). Reconnaissant que les décisions prises « ont pu paraître rapides », Christophe Charvin a justifié cette accélération « par les évènements exceptionnels évoqués lors de cette AG » : essoufflement de la valeur ajoutée des productions collectées, baisse des surfaces emblavées associée à la baisse des intrants, sans compter le dernier projet d’ordonnance du 14 novembre, confirmant la séparation des activités de conseil et de vente des produits phytosanitaires, « qui va mettre ne danger nos activités de conseil auprès des adhérents ».

Sur le dernier exercice, le volume collecté par Céréalis a en effet baissé de 9%, à 17 329 tonnes (dont -11% de blé dur et -11% de tournesol), et les prévisions 2018-2019 tablent sur une nouvelle baisse de la collecte de 32%, à 11 788 tonnes (voir graphique). Cette collecte impacte naturellement le chiffre d’affaires arrêté au 30 juin 2018, en baisse de 6%, et se traduit par résultat net déficitaire de 371 000 €. « Seule la viticulture bénéficie d’une certaine embellie, que l’on retrouve dans notre activité palissage/irrigation (+5%, ndlr). »

Ainsi, malgré les investissements réalisés dans le métier de base (80 000 € sur l’exercice 2017-2018) à Orange (dépoussiérage du silo), Entraigues (déplacement du réseau EDF), Sainte-Cécile et Pertuis ; malgré l’orientation prise dans le domaine de l’approvisionnement et du conseil, « avec un certain succès » depuis 5 ans ; malgré les investissements dans le métier des semences à paille ; malgré tout cela donc, cela n’aura pas suffi pour maintenir l’activité de Céréalis.

Retour sur investissement trop lent.

« Les nouvelles orientations de la PAC ont directement impacté notre activité, avec le remplacement de notre blé dur traditionnel par des céréales secondaires de type SIE (Surface d’intérêt écologique), de la luzerne et de jachères, qui nous ont fait perdre entre 150 et 250 hectares supplémentaires. Notre métier historique s’en trouve extrêmement fragilisé. En 2007, nous avions fait le choix de développer une activité de distribution qui a permis de rééquilibrer le CA. L’évolution et le développement des semences, en circuit long, a également joué son rôle. Mais les évolutions prennent du temps et le retour sur investissement trop lent. Et, cette campagne, la baisse des volumes est sans appel. C’est pourquoi les administrateurs, conscients que la pérennité du service proposé aux adhérents était en jeu, ont décidé de proposer ce rapprochement avec la CAPL. L’objectif est de former une structure consolidée, dans laquelle les adhérents trouveront une réponse à leurs besoins, d’autant que nos zones d’influence respectives se complètent », résumait Christophe Charvin. L’occasion aussi pour lui de rappeler la mémoire de Max Coq, dont il avait pris la suite en 2011. « Cette évolution des coopératives vauclusiennes, il en avait rêvé. »

Pour le président et son conseil d’administration, cette décision va permettre « à court terme, d’optimiser les moyens existants ; à moyen et long terme, de proposer une stratégie économique performante, au bénéfice des adhérents » autour d’une complémentarité territoriale qui permettra la rationalisation des outils ; d’une complémentarité technique dans le domaine de la collecte et des semences ; d’une consolidation de la coopération dans la zone contrôlée par la nouvelle coop ; d’une capacité d’innovation pour offrir aux adhérents de nouvelles alternatives dans la conduite technique ou la mise en place de nouvelles productions plus lucratives. « C’est une nouvelle approche régionale qui se dessine – aujourd’hui avec Céréalis et la CAPL, demain peut-être avec Terroirs du Sud1. Elle sera force de propositions pour développer un pôle collecte, voire agroalimentaire performant, dans ce nouvel ensemble régional », notait Christophe Charvin.

Cette fusion, avec effet rétroactif au 1er juillet 2018, se traduit par un transfert des contrats de travail du personnel ; les statuts de la CAPL seront conservés et le siège social de Céréalis transféré à Avignon, siège de la nouvelle structure, tandis que le conseil d’administration sera composé de 16 membres (voir encadré) et que six commissions seront créées.

Céline Zambujo


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