Assurance récolte : Une année atypique sur tout l’arc méditerranéen

Publié le 07 octobre 2017

Lorsque l’expert Groupama se déplace sur le terrain, il visite toute l’exploitation. Et « ce n’est pas parce que l’aléa n’est pas déclaré que l’expert ne le prend pas en compte. S’il voit de la sécheresse par exemple, il en tient compte », ajoute Chr

Le groupe mutualiste Groupama fait le point sur les aléas climatiques rencontrés cette année. Une année atypique, jamais rencontrée depuis quinze ans qu’existent les contrats multi-risques climatiques.

"L’année est particulière à plus d’un titre ”, note Raymond Grisolle, expert référent pour Groupama Méditerranée. “On n’avait pas connu cela depuis 15 ans, c’est-à-dire depuis la mise en place de ces contrats multi-risques climatiques. On n’a jamais connu une année aussi atypique, en termes d’aléas climatiques et de façon diverse tout l’arc méditerranéen est concerné. Personne n’a eu une récolte normale. Toutes les caves ont déclaré des aléas. ” Quelles sont les conséquences sur les baies ? Cette année deux épisodes de gel se sont abattus fin avril sur le vignoble de l’arc méditerranéen. “Les vignes victimes du gel sont reparties après végétation, mais au détriment de la grappe. Par endroits, la vigne a également subi l’effet de la coulure, en particulier sur grenache et merlot. Les pertes peuvent atteindre 50 à 60 % sur certaines parcelles, en particulier dans le Gard, le Sud-Ardèche et l’Aude et un peu l’ouest de l’Hérault.” Ensuite, après ces variations de températures froides, un épisode chaud est intervenu, et derrière une canicule et de la sécheresse. “Les plantes ont souffert d’un manque d’eau, et le sol agricole était très sec. Le développement et le remplissage des baies se sont mal faits. Il n’y a pas eu d’orage et le dessèchement des grappes a engendré des grappes qui ne pèsent pas lourd, pas de poids dans les grains, en particulier sur le Gard, le Vaucluse et le Sud-Ardèche.” En revanche, le dans le Var, “on a eu du gel, ainsi qu’un phénomène de sécheresse qui n’a pas pesé. L’ensemble de ces aléas a tout de même entraîné un déficit de rendement.”

Comment se déroule une expertise ?

Lors de la survenue d’un aléa, la première étape consiste à valider l’épisode climatique. L’exemple type, c’est le gel ou la grêle. “Nous faisons appel à un prestataire météo qui vérifie qu’il y a eu cet aléa. Dans ce cas, celui-ci est reconnu’’, explique Christian Fournier, chargé de missions marché agricole chez Groupama Méditerranée.

La deuxième étape vise à missionner un expert pour faire des constats plus précis sur le terrain. “La visite concerne toute l’exploitation, toutes les parcelles sont visitées.” L’expert est missionné dans les 48 h suivant la déclaration. Il va alors prendre contact avec l’assuré pour prendre rendez-vous. Lors de la visite, il y a une prise en compte du rendement techniquement réalisable, la récolte garantie étant la récolte probable. À ce stade, l’expert n’arrête pas les pertes. “ Ce n’est pas parce que l’aléa n’est pas déclaré que l’expert ne le prend pas en compte. S’il voit de la sécheresse par exemple, il en tient compte”, ajoute Christian Fournier.

Le temps passe, et au plus près des vendanges, l’expert s’organise pour se rendre une nouvelle fois sur l’exploitation. Il arrête les pertes et évalue le rendement résiduel. Il va le ventiler en fonction des différents aléas rencontrés par l’exploitant.

À titre d’exemple, si l’on prend 100 hl d’assurés, l’expert lors de la première visite dit effectivement si les 100 hl sont techniquement réalisables. Lors de la deuxième visite au plus près de la récolte, si sur les 100 hl, il n’en reste plus que 60 hl, c’est ce qu’on appelle le rendement résiduel. Au total 40 hl sont perdus. Sur ces 40 hl, 20 hl le sont en raison du gel et 15 hl à cause de la grêle et 5 hl à cause de la sécheresse. Une part de ces pertes peut également résulter d’aléas non garantis et donc non indemnisables. Le tout est alors consigné sur un procès-verbal d’expertise.

Anne-Solveig Aschehoug


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