Ail de Piolenc : Tous ensemble vers l’IGP

Publié le 05 juillet 2018

La démarche IGP ‘Ail de Piolenc’ a été initiée l’an dernier et est désormais portée par l’association de producteurs d’ail de Piolenc.

Le 9 juin dernier, une matinée entière a été consacrée l’ail de Piolenc. Depuis un an, six producteurs ont entrepris de se lancer dans la reconnaissance de leur production en tant qu’Indication géographique protégée (IGP). Après plusieurs mois d’implication et un déplacement à Bruxelles, ils ont souhaité faire le point sur leur démarche. À leurs côtés, les élus et la Chambre d’agriculture de Vaucluse, impliquée dans le processus de reconnaissance, ont notamment rappelé l’importance de cette démarche qualité pour mieux faire connaître le produit.

Il y a un an, six producteurs d’ail à Piolenc se sont regroupés en association pour monter un dossier et faire inscrire l’ail de Piolenc en Indication géographique protégée (IGP). « Après une réflexion de deux ans et après avoir entrepris la démarche IGP il y a un an, nous sommes à la croisée des chemins : il s’agit de savoir vers quelle direction on s’oriente pour la demande de notre IGP. L’ail de Piolenc est déjà très reconnu par les restaurateurs locaux, mais il faut contribuer à ce qu’il le soit au-delà de notre département. À Piolenc, nous produisons 500 tonnes d’ail par an et 50 hectares sont d’ores et déjà cultivés sur la commune » a déclaré Stéphane Massonnet, président de l’Association des producteurs d’ail de Piolenc (Apap).

La démarche d’inscription est partie d’une volonté commune et unanime des producteurs, comme l’a souligné Stéphane Massonnet. « Une fois rassemblé, c’est plus facile d’avoir de la légitimité dans nos actions et nos revendications. Surtout que l’on a tous les atouts en main : on est jeunes et on veut faire les choses ensemble ! Bien évidemment, nous espérons que notre ail sera fédérateur, car regrouper les volontés autour de nous est un point qui nous motive fortement. D’ailleurs toutes les personnes qui désirent s’investir dans l’ail de Piolenc sont les bienvenues ! Ce petit ail, on va le faire vivre, on a foi pour parvenir à obtenir cette IGP. D’ailleurs, on peut quasiment parler ici de religion », a-t-il poursuivi, très convaincu.

Et ça tombe bien, car cette volonté de se regrouper pour pouvoir le produit et répondre aux enjeux agricoles actuels est aussi une attente forte des élus présents pour l’occasion à leurs côtés.

Se regrouper pour avancer.

« Cette démarche traduit une volonté conjointe des agriculteurs, des organisations agricoles, mais aussi des collectivités, de trouver une solution commune et fédératrice pour avancer plus vite dans l’aboutissement des dossiers. L’agriculture est en mutation ; à Piolenc, nous arrivons au virage et nous devons bifurquer pour suivre une bretelle d’autoroute. Il existe déjà six démarches qualité sur l’ail en France, et la Chambre d’agriculture est aux côtés des producteurs vauclusiens pour engager cette nouvelle reconnaissance. Nous voulons croiser les compétences avec ce qui se fait ailleurs pour que ce dossier avance vite et bien », notait d’ailleurs André Bernard, Président de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, tout aussi convaincu que Stéphane Massonnet. « Il faut regarder devant, mais aussi avoir en mémoire le chemin parcouru pour voir où l’on va », a-t-il ajouté. Car tous les professionnels sont évidemment bien conscients que le chemin vers l’IGP est encore jalonné d’étapes. La priorité actuelle est de définir le cahier des charges le plus précisément possible pour ensuite pouvoir le présenter aux services de l’INAO.

Développer une stratégie commerciale.

Mais au-delà du cahier des charges, l’Apap et ses partenaires sont conscients que d’autres étapes, tout aussi stratégiques, les attendent : « L’enjeu ce sera notamment la structuration de la filière. Mais il va falloir aussi développer une stratégie commerciale pour mettre en avant l’IGP. Il nous faudra aussi réfléchir aussi en termes de volumes et il faudra mener tout cela en parallèle des démarches de marketing et communication pour bien faire le lien entre cette production locale et ses bénéfices, en termes de santé et de traçabilité notamment », précise Sabine Picard, chargée de mission ‘F&L, circuits courts et agrotourisme’ à la Chambre régionale d’agriculture Paca.

Car toute la filière est consciente que l’obtention de l’IGP permettra de faire un pas de géant pour mieux faire connaître et reconnaître l’ail de Piolenc au niveau régional, mais aussi national voire international. « L’IGP est un signe officiel de qualité qui met en avant à la fois le travail des agriculteurs et leurs savoir-faire, en s’appuyant sur deux leviers : la qualité et l’origine géographique. C’est aussi un outil apportant une réponse aux consommateurs qui s’interrogent sur la qualité de leur alimentation. L’IGP est un emblème pour le consommateur, c’est aussi un indice de confiance entre le producteur et le consommateur » a rappelé Gorgia Lambertin, présidente du Comité économique et social et environnemental régional.

Claire Plisson


Fruits & légumesAil piolenc IGP