Agriculture biologique : Pour un observatoire plus réactif et collaboratif

Publié le 05 novembre 2018

En 2018, l’Observatoire régional de l’agriculture biologique rassemble désormais la Draaf, Bio de Provence, la Chambre régionale d’agriculture et la Friaa.

À l’occasion des journées Tech&Bio dans le cadre du Med’Agri, la Draaf, l’Agence bio, Bio de Provence Paca, les Chambres d’agriculture et la Friaa, ont présenté l’Observatoire régional de l’agriculture biologique (Orab), dans sa version élargie. Son objectif : vérifier la cohérence des informations collectées et décliner régionalement le travail d’analyse des données de l’Agence Bio. Avec cette nouvelle organisation multi-partenariale, les participants espèrent gagner en cohérence, pertinence et réactivité.

À l’occasion du rendez-vous Tech&Bio, qui s’est tenu dans le cadre du Med’Agri, les partenaires de l’Observatoire régional de l’agriculture biologique ont présenté leur nouvelle organisation, qui rassemble tous les acteurs de la filière bio, de la production jusqu’à la distribution, sans oublier la transformation. La collaboration avec la Friaa (Fédération régionale des industries agro-alimentaires) va notamment permettre de développer les analyses de l’aval ; elle a d’ores et déjà permis l’intégration d’un schéma de mise en marchés des produits par filière.

Chargée par le ministère de l’Agriculture des statistiques de l’agriculture biologique, l’Agence bio collecte, puis redispatche en région, les informations, qui proviennent essentiellement des OC (organismes de contrôle). « L’objectif, dans un an et demi, est de mettre en place un système d’open data, avec des droits d’accès et la possibilité de faire également remonter l’information au national », explique Florent Guhl, directeur de l’Agence bio, qui veut aller plus loin. En janvier prochain, « nous lancerons un appel à projets, afin de créer une base de données référençant le parcellaire bio », poursuit-il, espérant que ce projet voit le jour dans un délai de deux ans.

Favoriser les échanges d’informations

Jusqu’à présent, l’organisation de l’observatoire national de l’agriculture biologique était très descendante. Pourtant, il est important que les opérateurs de terrain puissent vérifier la cohérence des informations et apporter leur expertise de terrain. Ils mettent, par exemple, ces chiffres en parallèle des statistiques de la Draaf. « Le système sera peut-être plus fragile avec l’open-data, mais nous espérons pouvoir gagner 6 à 9 mois pour la transmission des informations », estime Florent Guhl. « Avec Ambition 2022, nous nous préparons à passer la barre des 20 à 25% d’agriculture biologique », rappelle-t-il.

Les derniers enseignements de l’observatoire régional font apparaître « un maintien de la progression des surfaces bio, malgré un niveau assez élevé », explique Christophe Bauvineau, directeur de Bio de Provence Paca. « On note une progression en arboriculture, avec deux fois plus de surfaces en conversion en pommes et poires. Il ne s’agit pas de produire des chiffres pour des chiffres, mais bien de pouvoir anticiper des situations. » Paca reste la région avec le plus important taux de SAU en bio : 20-25%, et 3500 producteurs. Cinq départements de la région, sur six, sont dans le top 10 français.

Un partenariat exemplaire

« Je souhaitais souligner le caractère exemplaire de ce partenariat sur deux aspects », note Patrice de Laurens, Draaf Paca. Ainsi, il salue le fait que « le réseau des Chambre d’agriculture et le réseau bio travaillent ensemble, sans arrière-pensée. C’est signe que le bio se normalise. Je voudrais également souligner le partenariat avec l’aval, car il y a une grande marge de progrès à réaliser. En Paca, nous avons atteint et dépassé les objectifs nationaux, et pourtant, la progression se maintient », poursuit-il. « La région compte 5 millions de consommateurs, soit la population du Danemark, et c’est sans compter les touristes. En été, la consommation française de fruits et légumes se déplace vers le Sud de la France », poursuit le draaf (ou Draaf ?), qui s’interroge également sur l’impact qu’aura la loi Egalim, notamment par rapport au bio en restauration collective. La dynamique se ressent sur les différents maillons, comme l’illustre Audrey Lesturgeon de la Friaa. « Nous avons beaucoup de demande d’aide sur la certification depuis 2014. Cela devient exponentiel. » Ainsi, « cet observatoire peut fonctionner dans l’autre sens et permettre de faire remonter les besoins de l’aval », conclut Florent Guhl.

Magali Sagnes

Fiches téléchargeables sur : http://www.bio-provence.org/Chiffres-cles-de-la-bio-en-PACA-120


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