Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse : Le 11e programme est lancé

Publié le 10 décembre 2018

Dans un contexte de tension accrue sur la ressource en eau, le programme consacre 40% du montant total des aides à l’adaptation au changement climatique.

Le nouveau programme ‘Sauvons l’eau’ de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse entrera en vigueur le 1er janvier prochain, pour six ans. Fort de plus de 2,6 milliards d’euros de capacité d’intervention, il priorise les actions et investit là où il y a urgence pour améliorer la qualité de l’eau, économiser la ressource, restaurer le caractère naturel des rivières et des milieux littoraux et garantir la solidarité en faveur des territoires ruraux. Dans un contexte de tension accrue sur la ressource en eau, le programme consacre 40% du montant total des aides à l’adaptation au changement climatique.

Ces dernières années, les actions menées par tous les acteurs des territoires ont permis d’améliorer considérablement la qualité de l’eau, reconnaît l’Agence de l’eau. La modernisation des systèmes d’assainissement des villes et le traitement des principaux rejets industriels ont ainsi permis, en 25 ans, de diviser par 20 la présence d’ammonium dans les rivières et par 6 la concentration en métaux.

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, 68% des rivières sont de bonne qualité (16 points de plus que la moyenne du bassin Rhône-Méditerranée). Il faut néanmoins poursuivre les efforts, notamment pour limiter les pollutions par temps de pluie, les pollutions diffuses d’origine agricole, réduire les prélèvements d’eau à l’heure du changement climatique, redonner aux rivières un fonctionnement plus naturel, promouvoir la gestion durable des services d’eau d’assainissement et soutenir l’innovation.

Quatre grandes priorités en Paca.

Dans son programme ‘Sauvons l’eau’, l’Agence de l’eau fixe quatre priorités. La première est le partage et les économies d’eau, dans un contexte où la disponibilité de la ressource diminue et les sols s’assèchent. 40% du bassin Rhône-Méditerranée sont déjà déficitaires en eau « et la situation va s’aggraver sous les effets du changement climatique », note l’Agence. Gérer l’eau de la façon la plus équilibrée possible nécessite d’abord des économies à tous les niveaux : en luttant contre les fuites des canalisations d’eau potable, en optimisant les systèmes d’irrigation, ou en réutilisant les eaux usées traitées. Et là où les économies d’eau ne suffisent pas à soulager les ressources en déficit, il est possible de transférer l’eau ou de la stocker, dans le cadre de plans de gestion de la ressource en eau (PGRE).

Sur le territoire provençal, sur les 21 territoires déficitaires, 14 disposent déjà d’un PGRE adopté, avec des premiers résultats intéressants sur 2013-2018 (près de 25 Mm3 économisés, l’équivalent de la consommation d’une ville d’environ 400 000 habitants, et 26,5 Mm3 substitués), et 7 sont en cours de finalisation pour renforcer les actions permettant d’anticiper les crises de l’eau qui sont de plus en plus fréquentes. L’agence ambitionne d’accompagner des projets générant 7 Mm3 d’économie d’eau par an.

Deuxième enjeu essentiel : la lutte contre toutes formes de pollution. En région, outre la réhabilitation des 22 stations d’épuration « points noirs » pour le milieu naturel, l’accent sera mis sur les pollutions des eaux par temps de pluie « qui font déborder les systèmes d’assainissement », et sur les pollutions diffuses d’origine agricole engendrées par l’utilisation des pesticides, « car celles-ci impactent l’alimentation en eau potable ». Sur les 24 captages prioritaires à protéger, il reste 13 plans d’action à lancer (plateau de Valensole, Var et Vaucluse).

Le troisième axe du 11e programme porte sur la restauration du caractère naturel des rivières – dégradées, pour 75% d’entre-elles, par l’artificialisation de leurs berges et des ruptures de continuité – et la sauvegarde des milieux humides et littoraux. Ainsi, l’Agence se donne pour objectif de restaurer 50 km de rivières et 2000 hectares de zones humides. Douze plans de mouillage organisés sont visés sur le littoral de la région, avec pour objectif de réduire de 25% la surface de posidonie soumis à pression.

Enfin, la gestion durable des services publics d’eau et d’assainissement et la solidarité avec les territoires est le 4e pilier du nouveau programme de l’agence. L’agence accompagne le transfert des compétences eau et assainissement vers les Etablissements publics de coopération intercommunale (EPCI) et une gestion pérenne des services en conditionnant l’obtention de ses aides à un prix minimum de l’eau, une meilleure connaissance des réseaux d’eau potable et d’assainissement, et la valorisation des données dans l’observatoire national des services d’eau et d’assainissement (Sispea). En écho aux Assises de l’eau, un soutien privilégié est accordé aux collectivités situées dans les Zones de revitalisation rurale (ZRR), qui n’ont pas les capacités financières d’investir pour réparer leurs réseaux d’eau potable ou fiabiliser leurs stations d’épuration. L’objectif pour l’Agence est de contractualiser avec 75% des EPCI du bassin en ZRR.

Enfin, l’Agence de l’eau souhaite également accompagner l’émergence de thématiques nouvelles ou innovantes : elle a notamment pour objectif de de financer au moins cinq projets sur la réutilisation des eaux usées.

Source : Agence de l’eau RMC.


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