Œufs et volailles bio, une filière en expansion

Rédigé le 27 janvier 2012

Les circuits courts comme les magasins de producteurs ou les paniers contractualisés de type Amap ont permis à la filière poulets de chair et œufs bio de se développer. ©M.K

D’emblée, on pourrait penser que l’élevage aviaire reste insignifiant en Vaucluse. Certes l’activité s’avère être marginale, mais tend à se développer. Ainsi, la journée technico-économique qu’a consacrée Bio de Provence à la volaille et aux œufs issus de l’agriculture biologique le 19 janvier à Maubec a dévoilé l’essor de la filière avicole, dynamisée par les besoins des circuits courts. Et a permis à ces éleveurs de se rencontrer.

La Bretagne, première région française de poules pondeuses bio, compte 165 fermes et 789 704 volailles, soit 4 000 volailles en moyenne par exploitation. Dans les Pays de la Loire, numéro un pour les poulets de chair bio, on dénombre quelque 2,4 millions d’ovins répartis dans les 135 élevages, soit entre 16 000 et 18 000 par exploitations.
Des chiffres démesurés pour la région Provence-Alpes-Côtes d’Azur qui se classe sixième pour ses poules pondeuses avec ses 58 fermes, nombre en progression de 29 %, et ses 43 750 volailles – en moyenne 755 par élevage – et onzième pour les poulets de chair bio qui ne sont que 13 681, mais leur nombre est en hausse de 16 %, dans les 14 structures régionales qui enregistrent une augmentation plus significative de 27 %.
Et dans cette filière avicole qui révèle un taux de croissance satisfaisant, le Vaucluse fait office de leader régional dans les deux catégories. 17 fermes et 33 190 poules pondeuses, quand les Bouches-du-Rhône ne possèdent que 4 748 volailles pour 14 exploitations et que les Hautes-Alpes ainsi que le Var, tous deux à 9 fermes, recensent respectivement 2 431 et 1 735 poules.
Côté poulets consommables, même constat : le département arrive en tête avec 3 fermes et 5 210 volailles, à peine concurrencé par les Hautes-Alpes et leurs 6 élevages de 2 061 têtes. Dans cette région aux fortes disparités départementales, la production d’œufs prend le pas sur le marché de la volaille.

Développement des Amap et de la demande d’œufs et volailles

« C’est dommage de faire venir des poulets de Vendée alors qu’il y en a dans la région », s’est exclamé Yves Gros, de Bio de Provence, en introduisant cette journée. Les objectifs de cette rencontre entre éleveurs et professionnels étaient multiples : présenter la filière à l’échelon européen, national, régional et départemental ; étudier des élevages selon leur destination : les œufs ou la chair ; exposer les avantages et les inconvénients des circuits courts et de la vente par intermédiaires avec témoignages, et, surtout, diront les éleveurs, faire se rencontrer les acteurs de cette filière en plein développement afin de nouer des contacts et ensuite échanger des expériences, mutualiser les moyens, s’entraider. Si l’élevage aviaire est en plein essor, c’est qu’il laisse apparaître plusieurs atouts.
Tout d’abord, il s’agit d’un complément d’activité intéressant pour les maraîchers, les éleveurs ovins ou caprins, les chefs d’exploitations diversifiées ou plus rarement les vignerons et les paysans fruitiers. Principalement une activité secondaire, l’élevage de poules pondeuses ou de poulets de chair s’est développé parallèlement à la progression des paniers de type Association pour le maintien de l’agriculture paysanne.
L’association « Les paniers marseillais » (Pama), par exemple, compte 27 paniers de quartier, regroupant chacun de 25 à 120 personnes pour 1 500 foyers adhérents, soit environ 5 000 personnes. « Tous les groupes réclament des œufs chaque semaine », explique Monique Diano, coprésident de l’association. « Plusieurs maraîchers ont un élevage de poules pondeuses et apportent leurs œufs en même temps que leurs légumes. Soit les œufs sont intégrés au panier de légumes, soit ils font l’objet d’un contrat séparé ». Tous les producteurs sont liés aux Pama par un contrat de six ou douze mois.
La demande en viande blanche s’est accrue ces derniers temps. Jean-René Péré, maraîcher et éleveur aviaire installé à Saint-Gilles, dans le Gard, leur fournissait jusqu’à présent 170 poulets chaque mois, quantité qui va être élevée à 400 eu égard à l’augmentation de la demande.
Un couple d’éleveurs apporteurs de Raphèle-les-Arles, Magali Richard et Julien Roux, va créer un élevage afin de livrer 150 poulets par mois. « Neuf paniers de quartier ont du poulet pour l’instant, ce qui représente une marge de progression importante », ajoute Monique Diano.

Murielle Kasprzak

Retrouvez l'intégralité de cet article dans l'édition du 27 janvier de Vaucluse agricole (n°2285)


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